Bill Ackman veut racheter Universal Music pour 55 milliards €
Bill Ackman veut s'offrir Universal Music Group. Le patron de Pershing Square Capital a déposé une offre de rachat à 55 milliards d'euros pour le plus grand label musical au monde. L'annonce date de mardi. Résultat immédiat : l'action UMG s'est envolée de +25 % en prémarket avant de se stabiliser à +10 % en séance à Amsterdam. Un rebond qui tombe à pic après six mois de descente aux enfers : le titre avait perdu plus de 30 % depuis janvier.
Le montage financier est précis. Pershing Square injecte 2,5 milliards d'euros, dont 1,05 milliard issu des investisseurs de Sparc Holdings, son véhicule d'acquisition enregistré auprès de la SEC en 2023. Ce SPAC fonctionne différemment des structures classiques : les investisseurs détiennent un droit d'investir à prix fixé, sans avancer un centime avant l'annonce. La nouvelle entité lèverait 5,4 milliards d'euros de dette supplémentaire, et la participation d'UMG dans Spotify serait cédée pour 1,5 milliard d'euros net.
Concrètement, chaque actionnaire d'Universal recevrait 5,05 € en cash et 0,77 action de la nouvelle société cotée, pour une valorisation de 30,40 € par titre. Le total en numéraire atteint 9,4 milliards d'euros.
Ackman est actionnaire d'UMG depuis 2021. Il connaît le dossier. Dans sa lettre au conseil, il tape sur quatre points précis : pas de cotation aux États-Unis, aucun plan de retour aux actionnaires, mauvaise valorisation de la participation Spotify, et l'incertitude autour des 18 % détenus par le Groupe Bolloré. Ce dernier n'a pas répondu. Tencent, deuxième actionnaire avec 11,4 %, et Vivendi (~10 %) non plus.
Si l'opération passe, Universal deviendrait une société de droit du Nevada cotée au New York Stock Exchange. Michael Ovitz, ancien président de Disney, prendrait la tête du conseil d'administration. Deux représentants de Pershing Square siégeraient au board.
Le contexte ne favorise pas UMG en ce moment. Les investisseurs paniquent face à l'IA et à son impact potentiel sur les revenus des labels. Universal, maison de Taylor Swift et Kendrick Lamar, forme pourtant avec Sony Music et Warner Music le trio qui tient l'industrie musicale mondiale par le col. La peur du marché crée une décote. Ackman veut en profiter.
Il mène cette opération en parallèle du lancement de Pershing Square USA, un nouveau fonds coté dont il espère lever entre 5 et 10 milliards de dollars. Son fonds principal pèse 18 milliards de dollars et détient des positions dans Alphabet, Amazon et Brookfield.
Universal n'a pas encore répondu. La balle est dans le camp du conseil d'administration, de Bolloré et de Tencent.
Ce que ça change : Ackman force la main à un label sous-évalué par des investisseurs qui ont paniqué à cause de l'IA. Si le deal passe, Wall Street met la main sur l'industrie musicale mondiale. Si ça échoue, la décote d'UMG restera un signal d'achat difficile à ignorer.