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Bitmine avale 5% d'Ethereum : la décentralisation en danger

Bitmine détient désormais 3,98% de l'offre totale d'ETH, soit 4,8 millions de tokens à 10,3 milliards de dollars. L'entreprise de Tom Lee vise explicitement les 5% et s'impose comme le plus gros validateur du réseau.
📅 lundi 6 avril 2026 ⏱ 2 min de lecture

Bitmine Immersion Technologies a acheté 71 252 ETH la semaine dernière. C'est son plus gros volume hebdomadaire depuis décembre 2025. Résultat : la société de Tom Lee contrôle désormais 3,98% de l'offre totale d'Ethereum, soit 4,8 millions d'ETH valorisés à 10,3 milliards de dollars.

La cible est clairement annoncée : 5% de l'offre circulante. Pour y arriver, Bitmine doit encore racheter environ 1,2 million d'ETH, ce qui représente 2,5 milliards de dollars aux cours actuels. Au rythme actuel d'accumulation — entre 50 000 et 70 000 ETH par semaine — l'objectif pourrait être atteint avant fin 2026.

Mais la partie la plus lourde de conséquences, c'est le staking. Bitmine stake aujourd'hui 3,3 millions d'ETH, soit 7,1 milliards de dollars immobilisés dans la validation du réseau. Tom Lee l'affirme lui-même : Bitmine est désormais le plus gros validateur individuel d'Ethereum au monde. Avec un rendement de staking estimé entre 3% et 4% annuels, ça représente environ 280 millions de dollars de revenus passifs potentiels chaque année.

L'entrée au New York Stock Exchange est prévue pour le 9 avril. Bitmine arrive à Wall Street avec plus d'ETH en staking que n'importe quelle autre entité sur la planète. Le timing est calculé.

Tom Lee joue aussi la carte géopolitique. Il positionne Ethereum comme une "réserve de valeur en temps de guerre", s'appuyant sur une hausse de +6,8% depuis le début du conflit iranien il y a six semaines. Une surperformance de 1 130 points de base face au S&P 500 et de 1 840 points de base face à l'or. Lundi, l'ETH a grimpé de plus de 5% pour toucher 2 143,50 dollars. La narrative fonctionne, le marché suit.

Mais derrière les chiffres impressionnants, une question s'impose : qu'est-ce qu'Ethereum décentralisé veut encore dire quand une seule entité privée, cotée en bourse, contrôle presque 4% de l'offre et valide une fraction croissante des blocs du réseau ? Les fondations d'Ethereum ont toujours vendu la décentralisation comme garantie de neutralité. Un validateur dominant de cette taille, soumis aux pressions réglementaires américaines et aux intérêts d'actionnaires, c'est exactement le scénario que le réseau était censé rendre impossible.

Ce que ça change : Bitmine est en train de transformer Ethereum en infrastructure semi-privatisée. Si elle atteint les 5%, elle ne sera plus un acteur du réseau — elle en sera une colonne vertébrale. Et aucune communauté, aucun protocole, n'aura son mot à dire.

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