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Cessez-le-feu Iran-USA : déjà en flammes après 24h

Le Brent chute de 15% à 95$/baril mais le détroit d'Ormuz est de nouveau bloqué. Le cessez-le-feu Iran-USA vacille en moins de 24h.
📅 mercredi 8 avril 2026 ⏱ 2 min de lecture · 65 vues

L'encre du cessez-le-feu n'était pas encore sèche. Moins de 24 heures après l'accord négocié par le Pakistan, l'Iran menace de tout faire capoter. Résultat : le détroit d'Ormuz est de nouveau fermé aux pétroliers, et 89 morts supplémentaires sont à déplorer au Liban après une vague de frappes israéliennes.

Le nœud du problème est simple : tout le monde ne lit pas le même accord. Téhéran estime que le cessez-le-feu couvre l'ensemble de la région, Liban inclus. Trump répond que le Liban n'est «pas inclus dans l'accord» et qualifie le conflit israélo-libanais de «skirmish séparé». Netanyahu dit la même chose. Le médiateur pakistanais Shehbaz Sharif, lui, appelle au «respect» de la trêve. Trois interprétations, zéro consensus.

Pendant ce temps sur le terrain, Israël a lancé mercredi sa plus importante vague de frappes sur le Liban depuis le début de la guerre. 700 blessés en une seule journée. L'Iran a répondu en refermant le robinet : plus aucun pétrolier ne passe par Ormuz, ce détroit par lequel transite 20% du pétrole mondial. Des centaines de navires poireautent en attendant. Pour couronner le tout, un drone a frappé le pipeline Est-Ouest saoudien mercredi, coupant une route d'évacuation alternative pour les exportations du Golfe.

Les marchés, eux, ont décidé de jouer les optimistes. Le Stoxx Europe 600 a clôturé en hausse de 3,7%, le DAX allemand s'est envolé de 5,1% et le S&P 500 grimpait de 2,6% en séance. Le Brent a plongé de plus de 15% pour s'établir autour de 95$ le baril. Les investisseurs paient pour un scénario de désescalade que les faits ne confirment pas encore.

Sur les obligations, les rendements courts ont reculé. Le gilt britannique à deux ans a perdu 0,24 point de pourcentage à 4,17%, signe que les marchés révisent à la baisse leurs anticipations de hausses de taux. La logique est claire : un cessez-le-feu, même bancal, réduit le risque d'un choc pétrolier durable. Mais cette logique repose sur un pari fragile.

Trump a ajouté une couche en déclarant vouloir travailler avec Téhéran pour «déterrer et retirer» le matériel nucléaire iranien, et en évoquant un allègement des sanctions. L'Iran, de son côté, a soumis une proposition en 10 points qui inclut le retrait des forces américaines de la région et le paiement de dommages de guerre. Les négociations doivent reprendre à Islamabad dans les prochains jours. Le premier ministre britannique Keir Starmer, en visite en Arabie saoudite, parle de «réel soulagement» tout en admettant qu'il reste «beaucoup de travail».

Le compte à rebours est lancé. La trêve dure deux semaines sur le papier. Si Israël continue ses opérations au Liban, l'Iran a un levier immédiat et redoutable : refermer Ormuz pour de bon.

Ce que ça change : les marchés ont pricé la paix, pas la guerre. Si le cessez-le-feu s'effondre dans les prochains jours, la correction sera brutale — pétrole, actions et actifs risqués comme les cryptos encaisseront de plein fouet.

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