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Détroit d'Ormuz fermé : le pire choc pétrolier de l'histoire

Depuis les frappes américano-israéliennes sur l'Iran fin février 2026, le détroit d'Ormuz est quasiment mort. Goldman Sachs le confirme : c'est le plus grand choc pétrolier jamais enregistré, et ça ne fait que commencer.
📅 lundi 6 avril 2026 ⏱ 3 min de lecture

C'est officiel et c'est historique. Depuis les frappes américano-israéliennes sur l'Iran du 28 février 2026, le détroit d'Ormuz est mort. Le trafic maritime s'y est effondré de 95 % en quelques jours. Goldman Sachs ne mâche pas ses mots : on traverse « le plus grand choc d'offre jamais enregistré sur le marché mondial du pétrole brut ». Surpassant toutes les crises des 50 dernières années.

La mécanique est simple et brutale. Le Corps des gardiens de la révolution islamique a fermé le détroit à tout navire lié aux États-Unis, Israël et leurs alliés. Résultat : Maersk, Hapag-Lloyd, MSC, CMA CGM ont toutes suspendu leurs réservations vers le Golfe. Plus de 150 navires poireautent en eaux sécurisées. Et par ce détroit transitaient 20 % du pétrole mondial et 30 % des exportations mondiales de GNL.

Les chiffres donnent le vertige. Les exportations pétrolières du Moyen-Orient ont chuté de 61 % en mars, passant de 25,1 à 9,7 millions de barils par jour. L'Arabie saoudite tente de compenser via son pipeline Est-Ouest vers le port de Yanbu, construit après la guerre Iran-Irak. Il tourne à pleine capacité : 7 millions de barils par jour. C'est loin d'être suffisant.

Bank of America anticipe déjà un baril à 100 dollars si le conflit dépasse avril. Pour l'heure, les marchés encaissent et les réserves mondiales fondent. En moyenne, les grandes économies disposent de 40 jours de brut et 37 jours de produits raffinés. Mais ces moyennes cachent des situations catastrophiques.

L'Asie est en première ligne. Le Japon importe plus de 90 % de son brut du Moyen-Orient, la Corée du Sud plus de 70 %, la Chine 57 %. L'Inde n'a que 16 jours de produits raffinés en stock. La Thaïlande 17 jours. Le Japon fait figure d'exception avec 99 jours de brut en réserve, mais personne ne sait combien de temps ce conflit va durer.

L'Occident non plus n'est pas épargné. Le Royaume-Uni affiche le niveau le plus bas parmi les économies développées avec seulement 14 jours de brut en stock. Pas de quoi pavoiser.

Côté produits raffinés, c'est encore pire. Le fioul lourd s'est effondré de 88 %, le kérosène de 85 %, le naphta de 73 %, le GPL de 65 %, le diesel de 55 %. Ce sont ces produits qui font tourner les avions, les camions, les usines. La chaîne logistique mondiale est sous perfusion.

Le marché crypto ne vit pas dans une bulle hermétique. Un choc pétrolier de cette ampleur, c'est de l'inflation importée, des banques centrales coincées, des marchés actions sous pression et des investisseurs retail qui rognent sur les actifs risqués en premier. Bitcoin et les cryptos ont déjà montré leur corrélation aux macro-chocs. Ce épisode ne fera pas exception.

Ce que ça change : Un choc pétrolier historique avec des réserves mondiales comptées en jours, c'est le scénario cauchemar pour la macro globale. Si le détroit reste fermé au-delà du printemps 2026, attendez-vous à une pression vendeuse massive sur tous les actifs risqués, crypto incluse. Le cash et les matières premières reprendront le dessus. Restez liquides.

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