Fed : le candidat de Trump déclare 100M$ d'actifs dont de la crypto
Kevin Warsh veut diriger la Fed américaine. Avant son audition au Sénat prévue la semaine prochaine, il a publié une déclaration de patrimoine qui fait parler : 69 pages, plus de 100 millions de dollars d'actifs personnels, et des liens très serrés avec l'élite financière de Wall Street.
Les chiffres sont massifs. Warsh a touché plus de 13 millions de dollars de frais de consulting en 2024. Le gros du chèque vient de Duquesne, le family office du légendaire investisseur Stanley Druckenmiller : 10,2 millions de dollars pour cette seule source. Il est associé de cette structure depuis qu'il a quitté la Fed en 2011. À ça s'ajoutent 1,6 million du hedge fund GoldenTree, 750 000 dollars de Cerberus Capital Management, et 1,5 million de prises de parole, dont 750 000 dollars versés par Brevan Howard pour trois événements.
Ce qui intéresse particulièrement la communauté crypto : Warsh détient des participations dans des dizaines de startups, avec une concentration notable dans l'intelligence artificielle et les cryptomonnaies. Il est notamment positionné sur Lighter, le DEX de perpétuels concurrent direct d'Hyperliquid sur le marché DeFi, ainsi que sur Polymarket, la plateforme de marchés de prédiction. Environ 60 positions n'ont pas pu être détaillées à cause d'accords de confidentialité, mais devront être cédées s'il est confirmé.
Son patrimoine ne s'arrête pas là. Via son épouse Jane Lauder, héritière du groupe Estée Lauder, il déclare des centaines de millions supplémentaires détenus conjointement. Il a également plus de 100 millions investis dans plusieurs fonds Duquesne, dont un véhicule nommé Juggernaut dont la composition reste secrète.
Warsh a promis de tout céder : ses intérêts dans Duquesne, ses mandats dans les entités liées, entre sa confirmation et sa prise de fonctions. Il gardera uniquement Vicarage Stable, une structure qui lui génère des revenus passifs.
La confirmation est loin d'être acquise. Il faut 51 voix au Sénat. Les républicains en ont 53, mais plusieurs, menés par Thom Tillis de Caroline du Nord, bloquent le vote en séance plénière. Leur condition : que le ministère de la Justice abandonne l'enquête pénale visant l'actuel patron de la Fed, Jay Powell. Cette investigation est perçue comme une tentative de Trump de mettre la main sur la banque centrale, ce que plusieurs sénateurs de son propre camp refusent de cautionner. Si le vote n'intervient pas avant mi-mai, Powell reste en poste malgré l'expiration officielle de son mandat.
Lors de l'audition, les démocrates s'attaqueront aux liens de Warsh avec les hedge funds. Les républicains devront eux trancher sur l'affaire Powell. Deux fronts simultanés qui rendent l'issue très incertaine.
Ce que ça change : Un patron de la Fed avec des positions directes dans la DeFi et les marchés de prédiction, c'est inédit. Si Warsh est confirmé, la politique monétaire américaine sera dirigée par quelqu'un qui connaît l'écosystème crypto de l'intérieur — ce qui peut être une bonne nouvelle pour le secteur, ou un conflit d'intérêts majeur selon l'angle où on se place.