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Garlinghouse : 11 ans chez Ripple et la bataille réglementaire continue

Après 11 ans chez Ripple, Garlinghouse salue la décision historique SEC/CFTC mais prévient : sans loi codifiée, un autre Gensler peut tout défaire.
📅 mercredi 15 avril 2026 ⏱ 2 min de lecture · 22 vues
Garlinghouse : 11 ans chez Ripple et la bataille réglementaire continue

Brad Garlinghouse fête ses 11 ans chez Ripple. Entré en avril 2015, promu CEO en janvier 2017, le patron de la société derrière le XRP tire un bilan contrasté : des avancées réelles, mais le travail législatif n'est pas terminé.

Le fait marquant de ces dernières semaines, c'est la déclaration conjointe de la SEC et de la CFTC publiée à la mi-mars. Paul Atkins, président de la SEC, a posé une ligne claire : « la plupart des crypto-actifs ne sont pas des titres financiers. » Pour Garlinghouse, c'est une rupture historique.

« Ce qui s'est passé il y a deux semaines avec la SEC et la CFTC réunies dans une déclaration commune était vraiment révolutionnaire. Ça a mis fin à une ère de guerre juridique contre cette industrie, une guerre qui ne reposait pas sur ce que la loi disait réellement. » Voilà le ton. Direct, sans détour.

Mais Garlinghouse tempère aussitôt. Cette guidance, aussi forte soit-elle, reste fragile. Elle ne repose sur aucune loi votée par le Congrès. Sans « permanence législative codifiée », le risque est clair : un futur président de la SEC aussi agressif que Gary Gensler peut remettre les pendules à zéro du jour au lendemain.

C'est là qu'entre en jeu le CLARITY Act, le projet de loi censé établir une frontière nette entre les actifs relevant de la SEC et ceux relevant de la CFTC. Garlinghouse y croit encore, mais moins qu'avant. Ses mots exacts : « je ne suis pas aussi optimiste que je l'étais. » Ce recul est notable venant d'un homme qui a passé des années à lobbyer activement pour ce texte à Washington.

Et il continue de le faire. Le 14 avril, il a publié sur X un bilan de ses 11 années chez Ripple en évoquant ses rencontres récentes à Washington avec plusieurs sénateurs américains, dont Tim Scott et John Boozman. Le message est clair : le combat pour la clarté réglementaire se joue maintenant, et l'industrie ne peut pas se permettre de relâcher la pression.

Ce que révèle ce moment, c'est une industrie crypto américaine à un carrefour. La guidance SEC/CFTC a désamorcé l'urgence d'un point de vue opérationnel. Mais elle ne protège pas contre un changement de majorité, un nouveau président ou une SEC hostile dans 4 ou 8 ans. La loi, elle, dure.

En 2015, quand Garlinghouse rejoignait Ripple, personne ne parlait de clarté réglementaire comme d'un enjeu existentiel. En 2026, c'est le sujet numéro un pour toute l'industrie aux États-Unis. Le chemin parcouru est immense. Ce qui reste à faire l'est tout autant.

Ce que ça change : la déclaration conjointe SEC/CFTC est une victoire réelle, mais provisoire. Sans loi votée, chaque nouvelle administration peut réécrire les règles. Le CLARITY Act n'est pas un détail législatif, c'est le verrou qui rend les gains actuels permanents — et sans lui, l'industrie reste exposée.

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