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Hack Drift à $280M : pourquoi Circle a bien fait de ne rien faire

Circle accusée d'inaction après le hack de $280M sur Drift : un analyste d'ARK Invest explique pourquoi geler les fonds aurait été pire.
📅 samedi 18 avril 2026 ⏱ 3 min de lecture · 13 vues
Hack Drift à $280M : pourquoi Circle a bien fait de ne rien faire

Circle est dans la tourmente. Après l'exploit de 280 millions de dollars sur le protocole Solana Drift, le cabinet juridique californien Gibbs Mura a déposé une class action contre l'émetteur du stablecoin. L'accusation : avoir laissé des hackers liés à la Corée du Nord déplacer des millions en USDC via son propre bridge sans lever le petit doigt.

Mais Lorenzo Valente, directeur de la recherche chez ARK Invest, monte au créneau pour défendre Circle. Et son raisonnement mérite qu'on s'y attarde.

Premier point : l'incident Drift n'est pas un vol classique. C'est un exploit d'oracle, une manipulation de marché qui flirte avec les limites du légal sans forcément les franchir. Demander à Circle de trancher seul sur ce qui constitue une fraude, c'est lui donner un pouvoir de juge sans tribunal, sans avocat, sans appel. Valente appelle ça les "Circle vibes" — autrement dit, l'arbitraire total.

Deuxième argument massue : l'effet domino. Si Circle gèle des fonds sur la base de son seul jugement, tous les acteurs de la chaîne vont s'arroger le même droit. Les bridges annulent des transferts, les DEX blacklistent des routeurs, les wallets bloquent des transactions. La DeFi permissionless devient une DeFi à la tête du client. C'est la mort du principe fondateur de la finance décentralisée.

Troisième argument, et c'est peut-être le plus solide : le respect des procédures légales n'est pas une contrainte pour USDC, c'est son principal argument de vente auprès des institutionnels. "La raison pour laquelle les institutions construisent sur USDC, c'est parce que Circle ne peut pas se réveiller et mettre votre solde à zéro", résume Valente. Un stablecoin qui cède à la pression des réseaux sociaux peut aussi bien céder à n'importe quelle voix suffisamment forte. Qui voudrait construire là-dessus ?

Il y a aussi un risque juridique concret que personne ne veut regarder en face. Les hackers bougent vite. En quelques minutes, des market makers et des fournisseurs de liquidité parfaitement innocents se retrouvent avec des tokens qui ont transité par un mixer. Geler trop large, c'est potentiellement voler des gens qui n'ont rien fait. Et s'exposer à des poursuites inverses.

Enfin, Valente pointe une incohérence criante chez les critiques, notamment l'investigateur on-chain ZachXBT, qui avait reproché à Circle de geler des wallets sans explication — dont plus de 16 adresses liées à des entreprises, dans les jours précédant l'attaque Drift. Aujourd'hui, les mêmes voix reprochent à Circle de ne pas avoir gelé assez vite. "Vous ne pouvez pas avoir les deux", tranche Valente.

Du côté judiciaire, le commentateur légal Jacob Robinson doute que la class action aboutisse. Mais il prévient : si elle réussit, n'importe quel opérateur de bridge pourrait être tenu responsable des usages faits de son infrastructure. Une jurisprudence qui ferait exploser les risques légaux de tout l'écosystème.

Pendant ce temps, Drift a décidé de passer à Tether pour ses opérations futures. Message reçu cinq sur cinq.

Ce que ça change : Circle n'a pas failli — elle a protégé la crédibilité d'USDC face aux institutionnels. Si les tribunaux l'obligent à jouer les shérifs du blockchain, c'est toute la finance décentralisée qui trinque.

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