Hack Drift : Circle attaqué en justice pour n'avoir pas gelé 280M$
Circle est dans la tourmente. L'émetteur de l'USDC fait face à une nouvelle plainte déposée dans le Massachusetts, directement liée au hack de Drift Protocol survenu le 1er avril dernier.
Les faits sont brutaux. Des attaquants ont vidé entre 280 et 285 millions de dollars de la plateforme basée sur Solana en moins de 12 minutes. Les fonds volés ont ensuite été transférés de Solana vers Ethereum en l'espace de 8 heures, en passant par le Cross-Chain Transfer Protocol (CCTP) de Circle lui-même.
Le cabinet juridique Gibbs Mura, qui représente les plaignants, enfonce le clou : ces transferts ont eu lieu en pleine journée ouvrée américaine. Autrement dit, Circle avait les yeux ouverts. Et n'a rien fait.
L'impact sur Drift a été dévastateur. La valeur totale verrouillée (TVL) de la plateforme s'est effondrée, passant d'environ 550 millions de dollars à moins de 250 millions en quelques heures. Les dépôts et retraits ont été suspendus indéfiniment. Au moins 20 autres protocoles DeFi ont subi des pertes indirectes liées à leur exposition à Drift.
La plainte vise un point précis : Circle avait la capacité technique et l'autorité contractuelle de geler les fonds. Les plaignants l'affirment sans ambiguïté. Et pour appuyer leur argument, ils sortent un exemple concret : neuf jours avant la plainte liée à Drift, Circle a gelé 16 wallets professionnels sans lien avec cette affaire. La preuve, selon eux, que Circle sait très bien activer ce levier quand ça l'arrange.
Mais dans le cas du hack de Drift, rien. Pas de gel. Pas d'intervention. Les attaquants auraient ainsi pu convertir et transférer jusqu'à 230 millions de dollars vers la blockchain Ethereum via le CCTP de Circle.
Circle se retrouve donc dans une position inconfortable : accusé non pas d'avoir participé au hack, mais d'avoir laissé faire en ayant les outils pour l'en empêcher. La nuance est importante, mais elle n'allège pas la responsabilité présumée aux yeux des plaignants.
Ce que ça change : si cette plainte aboutit, elle pourrait forcer les émetteurs de stablecoins comme Circle à définir clairement quand et comment ils interviennent pour geler des fonds — et les rendre légalement responsables de leur inaction. Un précédent qui ferait trembler tout le secteur.