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Hack Drift : Tether sort le carnet de chèques, Circle prend une gifle

Drift Protocol reçoit 127,5 millions $ de Tether pour rembourser les victimes du hack à 285 millions $. Circle, elle, se retrouve sur le banc des accusés.
📅 jeudi 16 avril 2026 ⏱ 2 min de lecture · 23 vues
Hack Drift : Tether sort le carnet de chèques, Circle prend une gifle

Le mois d'avril 2026 restera douloureux pour les utilisateurs de Drift Protocol. Des hackers nord-coréens ont vidé la plateforme DeFi basée sur Solana de 285 millions de dollars. Deux semaines plus tard, la réponse se dessine — et elle dit beaucoup sur l'état du secteur.

Drift a annoncé jeudi un accord avec Tether pour constituer un pool de récupération destiné aux victimes. Le deal est concret : 127,5 millions de dollars apportés par Tether, plus 20 millions de dollars d'autres partenaires, via une combinaison de facilité de crédit liée aux revenus, de subvention écosystème et de prêts aux market makers. Les fonds, combinés aux revenus futurs de la plateforme, alimenteront un pool dédié. Les victimes recevront en échange un token transférable représentant une créance sur ce pool.

La contrepartie est claire : Drift tourne le dos à l'USDC de Circle et adopte l'USDT de Tether comme couche de règlement principale lors de son relaunch. Paolo Ardoino, CEO de Tether, parle de "restaurer la confiance des utilisateurs". Le discours est rodé — mais l'USDT pèse désormais 185 milliards de dollars de capitalisation, et Tether collabore avec 10 agences de police dans 64 pays, ayant contribué à récupérer 800 millions de dollars de crypto volés.

Pendant ce temps, Circle se retrouve dans une position inconfortable. Lors du hack, les fonds ont transité massivement vers Ethereum via le Cross-Chain Transfer Protocol (CCTP) de Circle — un processus qui a pris plusieurs heures, sans que Circle n'intervienne pour geler les flux. Le détective blockchain ZachXBT a été direct sur X : Circle dormait au volant.

La réponse de Circle ? Un billet de blog d'une franchise désarmante. La société ne gèle des actifs que lorsqu'elle y est contrainte par la loi, refusant d'agir "unilatéralement" ou "arbitrairement". C'est une position philosophiquement cohérente avec la décentralisation — mais difficile à défendre quand des millions partent en fumée sous vos yeux.

Dante Disparte, directeur stratégique de Circle, préfère regarder vers le futur réglementaire. Il pointe le GENIUS Act, cadre fédéral américain voté l'an dernier, et notamment un rapport du Trésor américain recommandant une "hold law" — un dispositif qui accorderait une protection légale aux émetteurs de stablecoins qui gèlent temporairement des fonds liés à une activité suspecte en cours d'enquête. En clair : agir sans attendre un ordre judiciaire, mais sans risquer de poursuites. La règle proposée par le Trésor impose déjà aux entreprises comme Circle de construire des systèmes anti-blanchiment — mais sans mentionner explicitement cette recommandation de gel préventif.

Le débat de fond est posé : jusqu'où un émetteur de stablecoin doit-il — ou peut-il — jouer le rôle de gendarme en temps réel ?

Ce que ça change : Tether consolide son image de partenaire opérationnel en cas de crise, quitte à renforcer sa position dominante sur le marché. Circle paie cash le prix de sa doctrine libérale. Dans un secteur où la confiance se construit en quelques secondes et se détruit encore plus vite, choisir entre décentralisation pure et protection des utilisateurs n'est plus une question théorique.

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