IA en entreprise : 72% des projets ratent leur ROI, les riches s'en foutent
L'IA révolutionne tout, sauf les bilans comptables. C'est le verdict froid que vient de publier Gartner après avoir interrogé 782 responsables d'infrastructure IT en novembre et décembre 2025.
Résultat : seulement 28% des projets d'IA appliqués aux opérations informatiques génèrent un retour sur investissement complet. Et 20% échouent totalement. Pas partiellement. Totalement.
Les secteurs les plus touchés sont l'auto-réparation d'infrastructure, la gestion automatisée des flux de travail et les systèmes de correction automatique. En clair, exactement les cas d'usage que les éditeurs vendent comme des quick wins. Melanie Freeze, directrice de recherche chez Gartner, met les pieds dans le plat : les entreprises arrivent avec des "attentes irréalistes", persuadées que l'IA va automatiser des tâches complexes du jour au lendemain.
57% des responsables IT ont subi au moins un échec. Les causes principales : 38% pointent le manque de compétences internes, 38% également crient à la mauvaise qualité des données. Ce n'est pas un problème de technologie, c'est un problème d'organisation et de maturité.
Seuls les domaines déjà bien structurés tirent leur épingle du jeu. La gestion des services IT et les opérations cloud affichent 53% de réussite. La différence ? Ces équipes ont des données propres et des processus établis avant même de toucher à l'IA.
Pendant que les DSI souffrent, les grandes fortunes privées accélèrent dans l'autre sens. Les family offices contournent de plus en plus les fonds de capital-risque pour investir directement dans les startups IA. Arena Private Wealth vient de co-diriger un tour de 230 millions de dollars pour Positron, une startup spécialisée dans les puces IA.
En février 2026, les family offices ont bouclé 41 investissements directs dans des startups, quasi-exclusivement dans l'IA. La logique est brutale selon Mitch Stein d'Arena Private Wealth : "Le plus grand risque n'est pas d'avoir une exposition à l'IA, mais de ne pas en avoir." Les cycles avant IPO s'allongent, les gains se concentrent dans le privé. Les familles fortunées ont compris le jeu.
Autres signaux à ne pas ignorer : les anciens d'OpenAI lancent Zero Shot, un fonds d'investissement avec un objectif de 100 millions de dollars. L'écosystème se structure, les insiders se positionnent. Et du côté open source, les mainteneurs de projets comme curl croulent sous les rapports de vulnérabilité générés par l'IA — plus crédibles qu'avant, mais qui nécessitent davantage de vérifications humaines. L'IA crée du travail pour gérer l'IA.
Ce que ça change : Le fossé se creuse entre deux mondes. En entreprise, l'IA reste un gouffre à budget pour ceux qui arrivent sans données propres ni compétences solides. Dans le privé, les capitaux s'engagent massivement, convaincus que rater le train IA coûtera bien plus cher que monter dedans. Pour les investisseurs crypto habitués à parier tôt sur des infrastructures naissantes, le message est limpide : l'exposition à la couche infrastructure IA n'est plus optionnelle.