Iran : payer le détroit d'Ormuz en Bitcoin pour éviter les sanctions
C'est une première mondiale et elle ne passe pas inaperçue. L'Iran envisage de faire payer les navires transitant par le détroit d'Ormuz en Bitcoin, à raison de 1 dollar par baril transporté. L'information vient du Financial Times, qui cite Hamid Hosseini, porte-parole de l'Union des exportateurs iraniens de produits pétroliers, gaziers et pétrochimiques.
Le principe est simple et redoutablement efficace pour Téhéran : les tankers à vide passent gratuitement, les autres paient en BTC. Une fois l'évaluation du navire complétée par les autorités iraniennes — vérification qu'il ne transporte pas d'armes — les capitaines ont quelques secondes pour effectuer le paiement. Délai volontairement court, objectif clair : rendre la transaction intraçable et insaisissable malgré les sanctions.
Ce contexte s'inscrit dans le cessez-le-feu annoncé mardi par Donald Trump sur Truth Social. Deux semaines de trêve, suspension des frappes sur l'Iran, réouverture complète du détroit d'Ormuz. En échange, Téhéran a soumis un plan en 10 points, incluant le maintien de son contrôle sur le détroit et la levée des sanctions américaines.
Le détroit d'Ormuz n'est pas n'importe quel couloir maritime. Environ 20% du pétrole mondial y transite. Depuis les frappes américano-israéliennes sur des cibles iraniennes en février et mars, de nombreux navires en avaient été coupés. Résultat direct sur les marchés : le baril a dépassé les 100 dollars pour la première fois en quatre ans, et le Bitcoin a oscillé entre 65 000 et 75 000 dollars dans la foulée des tensions géopolitiques.
Ce n'est pas la première fois que l'Iran utilise les cryptomonnaies comme bouclier économique. Avant l'escalade militaire, la banque centrale iranienne avait déjà acquis pour 500 millions de dollars d'USDT, le stablecoin de Tether, selon la société d'analyse blockchain Elliptic. TRM Labs, de son côté, a tracé environ 3,7 milliards de dollars de flux crypto en Iran entre janvier et juillet 2025 — une preuve que le pays a structurellement intégré les actifs numériques dans sa stratégie de résistance aux sanctions.
Le rial iranien continue de s'effondrer face au dollar. Le Bitcoin, lui, devient une infrastructure de souveraineté économique pour un État sous pression maximale.
Ce que ça change : l'Iran ne fait pas que tolérer le Bitcoin — il l'institutionnalise comme outil géopolitique. C'est un signal fort pour tous les États sous sanctions : la crypto n'est plus seulement un actif spéculatif, c'est une arme financière souveraine. Et aucune régulation occidentale ne peut arrêter un paiement en quelques secondes en pleine mer.