Iran, Trump et Bitcoin : l'ultimatum à 75 000 $
Trump a donné jusqu'à mardi 20h00 (heure de l'Est) à l'Iran pour rouvrir le Détroit d'Ormuz. Faute de quoi, il promet que Téhéran vivra en « enfer ». Les dirigeants iraniens ont répondu sèchement : le détroit reste bloqué tant qu'ils n'obtiennent pas de compensations de guerre. Le bras de fer est total.
Les marchés actions ont à peine bougé lundi face à cette ambiguïté. Bitcoin, lui, a ignoré le bruit et a bondi au-dessus de 69 000 $ pour la première fois en plus de dix jours. L'or, pendant ce temps, stagne autour de 4 650 $, soit -17 % par rapport à son record absolu de 5 600 $. Le découplage entre les deux actifs refuge est en train de s'accélérer.
Pourquoi l'or flanche ? Les banques centrales vendent massivement. La banque centrale turque a liquidé 50 tonnes d'or sur la seule semaine du 20 mars — la plus forte baisse en sept ans. La Turquie a aussi cramé 26 milliards de dollars de réserves en devises pour soutenir sa monnaie depuis le début du conflit fin février. La Russie, même chose : ses réserves d'or en volume tombent à leur plus bas en quatre ans. Quand les États vendent leur or pour survivre, Bitcoin commence à combler le vide.
Maintenant, deux scénarios sur la table. Si les négociations échouent et que le conflit s'intensifie, Bitcoin profite de son statut d'actif décentralisé et non confiscable. Les investisseurs cherchent des alternatives aux systèmes financiers traditionnels sous pression. Bitcoin coche toutes les cases.
Si un accord est trouvé, les actions montent fort, le pétrole recule, et la demande pour les bons du Trésor américain se renforce. Les taux du T-Note 5 ans sont déjà passés de 3,55 % fin février à 4 % aujourd'hui — les marchés exigent une prime de risque. Un cessez-le-feu soulagerait cette pression. Résultat : moins de besoin d'actifs alternatifs comme Bitcoin. L'effet serait moins direct, mais pas nul.
Un gérant de fonds chez SGMC Capital, Mohit Mirpuri, tempère tout optimisme facile : « Les dégâts sur la confiance et les chaînes d'approvisionnement sont déjà faits. Rien ne revient à la normale d'un claquement de doigts. » Il a raison. Trump souffle le chaud et le froid depuis des semaines, les marchés ont appris à ne plus réagir à chaque tweet ou ultimatum. La crédibilité de la deadline de mardi est donc limitée.
Une hausse de 8 % de Bitcoin d'ici mardi uniquement sur la base de ce dossier géopolitique ? C'est optimiste. Mais le chemin vers 75 000 $ reste crédible si la situation se dénoue positivement et que les conditions macro suivent.
Ce que ça change : Bitcoin n'est plus seulement un actif spéculatif qui suit le Nasdaq. Il commence à se comporter comme une vraie alternative aux systèmes monétaires sous tension — et l'Iran n'en est qu'un détonateur parmi d'autres.