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Kidnappings crypto en France : l'artiste Boyart accuse l'État

L'artiste bitcoiner Pascal Boyart tape du poing sur la table : pour lui, le gouvernement français est complice des kidnappings crypto qui explosent. Environ 40 enlèvements liés aux cryptos recensés entre 2023 et 2025.
📅 mercredi 8 avril 2026 ⏱ 2 min de lecture

Pascal Boyart ne mâche pas ses mots. L'artiste français, figure emblématique de la scène Bitcoin depuis des années, a balancé une accusation directe sur X : le gouvernement français est « 100% complice » de la vague de kidnappings ciblant les détenteurs de cryptomonnaies dans le pays.

Son message est chirurgical : « Rendre le système judiciaire inopérant + KYC comme 'kidnap your customer', ça fait partie de leur guerre contre la crypto. » Une attaque frontale contre deux piliers de la politique française — la mollesse judiciaire et les obligations de vérification d'identité imposées aux plateformes.

Derrière la colère de Boyart, il y a des faits concrets et inquiétants. Environ 40 cas d'enlèvements organisés liés aux cryptomonnaies ont été traités par les autorités françaises entre 2023 et fin 2025. La France est devenue l'un des pays les plus touchés au monde par ce qu'on appelle les « wrench attacks » — littéralement, des attaques à la clé à molette.

Le principe est brutal dans sa simplicité : plutôt que de hacker un portefeuille, les criminels s'en prennent physiquement au propriétaire pour lui soutirer ses clés privées ou ses mots de passe. Zéro sophistication technique requise. 100% d'efficacité si la victime cède sous la pression.

Les profils ciblés ne sont pas des inconnus. Les malfrats utilisent les réseaux sociaux, les fuites de données et les empreintes numériques pour identifier les grosses fortunes crypto. Des executives et leurs familles ont été visés. Le cas le plus médiatisé reste celui de David Balland, co-fondateur de Ledger, dont l'enlèvement a choqué tout l'écosystème.

Ce qui rend la situation encore plus préoccupante : une partie de ces crimes est pilotée depuis l'étranger. Des cerveaux criminels internationaux recrutent des intermédiaires locaux pour exécuter les opérations sur le territoire français. Une logique de sous-traitance de la violence organisée.

Boyart n'est pas un agitateur lambda. En 2018, il organisait à Paris la première exposition d'art mondial entièrement dédiée au Bitcoin et aux cryptomonnaies. Depuis des années, il défend la blockchain comme un outil d'émancipation face au système bancaire traditionnel. Quand il parle, l'écosystème crypto francophone l'écoute.

Sa thèse est provocatrice mais mérite d'être prise au sérieux : les règles KYC imposées par les régulateurs créent des bases de données de détenteurs de crypto, des annuaires pour criminels en puissance. Couplé à une justice perçue comme laxiste sur ces dossiers, le cocktail devient explosif.

Ce que ça change : La France est en train de devenir la capitale mondiale des kidnappings crypto, et ni les autorités ni les plateformes n'ont de réponse crédible. Tant que les données KYC circuleront et que les condamnations resteront symboliques, les détenteurs de crypto français ont toutes les raisons d'avoir peur.

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