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Marchés de prédiction : le Congrès US réclame des comptes à la CFTC

Sept élus américains exigent des réponses sur l'inaction de la CFTC face aux trades suspects sur les contrats liés aux conflits militaires. La régulation des plateformes comme Kalshi et Polymarket devient un enjeu politique brûlant.
📅 mardi 7 avril 2026 ⏱ 2 min de lecture

Sept membres de la Chambre des représentants américaine ont envoyé une lettre directe au président de la CFTC, Michael Selig. Le message est clair : expliquez-vous sur votre inaction face aux trades douteux sur les marchés de prédiction liés aux conflits armés.

Les élus pointent du doigt des contrats qu'ils qualifient de « moralement obscènes » — notamment ceux portant sur des actions militaires américaines en Iran et au Venezuela. Des trades suspects ont été détectés au moment précis où ces opérations se déroulaient. Autrement dit, quelqu'un savait quelque chose avant tout le monde.

La lettre ne mâche pas ses mots : « Ces trades corrompus méritent une supervision rapide et décisive. Laisser ces contrats persister soulève de sérieuses questions sur la capacité et la volonté de la Commission à jouer un rôle régulateur mondial. » Les 7 représentants ont fixé une deadline au 15 avril pour obtenir des réponses à leurs 6 questions.

Ce qui rend la situation encore plus explosive, c'est que la CFTC est déjà en guerre sur plusieurs fronts. D'un côté, Selig affirme que les contrats sur des plateformes comme Kalshi et Polymarket sont des swaps soumis à sa juridiction fédérale. De l'autre, plusieurs États américains attaquent ces mêmes plateformes en justice, les accusant de proposer illégalement des paris sportifs déguisés.

Dernier rebondissement judiciaire : la Cour d'appel américaine du 3e circuit vient de valider le blocage des autorités du New Jersey contre Kalshi. 2 juges sur 3 ont estimé que Kalshi avait « une chance raisonnable de succès » pour faire valoir que la loi fédérale sur les matières premières prime sur les autorités étatiques. Un signal fort pour les plateformes.

Sur la question du délit d'initié, le directeur de l'application des règles de la CFTC, David Miller, a tenté de calmer le jeu. Sa position : l'agence ne poursuivra que les cas impliquant des informations clairement détournées, sans gaspiller ses ressources sur des affaires « triviales ». Une réponse qui n'a convaincu personne au Congrès, où des démocrates ont déjà déposé des propositions législatives spécifiques sur ce sujet.

Polymarket, de son côté, continue de dominer le secteur en captant 97 % des frais générés sur les marchés de prédiction en blockchain depuis sa refonte tarifaire — ce qui lui donne un poids considérable dans ce débat réglementaire.

Ce que ça change : La CFTC ne peut plus faire semblant de contrôler la situation. Quand des élus américains accusent publiquement le régulateur de laisser prospérer des trades liés à des opérations militaires classifiées, le statu quo est terminé. Soit la CFTC frappe fort et vite, soit le Congrès lui prend le dossier des mains — et les marchés de prédiction entrent dans une zone de turbulences réglementaires massives.

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