Minage Bitcoin : 3 pays contrôlent 65% du hashrate mondial
Le hashrate mondial de Bitcoin n'est pas si décentralisé qu'on voudrait le croire. La dernière heatmap publiée par Luxor Technology via son Hashrate Index le confirme chiffres à l'appui, et ça fait réfléchir.
Les États-Unis dominent sans partage avec 37,4% du hashrate mondial, soit environ 375 EH/s. Derrière, la Russie s'installe solidement à 16,9% (~170 EH/s), et la Chine — pourtant censée avoir banni le minage en 2021 — revient fort à 12,0% (~120 EH/s). Total pour ces trois mastodontes : 65% du réseau. Le reste du top 10 se partage les miettes entre le Paraguay (4,3%), les Émirats arabes unis (3,0%), Oman (3,0%), le Canada (2,6%), l'Éthiopie (2,5%), le Kazakhstan (1,8%) et l'Indonésie (1,8%).
La France, de son côté, existe à peine dans ce classement : 0,047% des parts de marché pour 0,5 EH/s. Autant dire que l'Hexagone ne pèse rien sur l'échiquier mondial du minage.
Autre donnée notable : le hashrate global a reculé de 5,8% depuis le début d'année, passant de 1 066 EH/s à 1 004 EH/s en début de trimestre. Un léger coup de mou, probablement lié aux effets post-halving sur la rentabilité des mineurs.
Mais tout n'est pas figé. Certains pays émergents affichent une croissance explosive. Le Pakistan pulvérise les compteurs avec +1 233% de croissance annuelle pour atteindre 4 EH/s. La Bolivie fait encore plus fort avec +2 400%, même si les volumes absolus restent anecdotiques. Ces chiffres montrent que le minage se démocratise lentement vers des zones à énergie bon marché.
Un bémol important à garder en tête : les VPN faussent ces données. Un mineur basé en Chine peut très bien apparaître sous une adresse IP kazakh ou américaine. La répartition réelle est donc encore plus floue que ce que la heatmap laisse entendre. La présence chinoise à 12% malgré l'interdiction officielle en est la preuve la plus criante.
Sur la question de la décentralisation, il faut aussi nuancer le débat. Les mineurs ne font pas la loi sur Bitcoin — ce sont les nœuds qui valident les règles du protocole. Une concentration du hashrate impacte surtout la vitesse de production des blocs et la difficulté de minage, pas la gouvernance fondamentale du réseau. L'épisode de 2021, quand la Chine a banni le minage et que le hashrate s'est effondré avant de rebondir ailleurs, a parfaitement illustré la résilience du protocole face à ce type de choc.
Ce que ça change : Trois pays à 65% du hashrate, c'est un risque géopolitique réel que la communauté Bitcoin ne peut pas balayer d'un revers de main. Si Washington, Moscou ou Pékin décidaient de coordonner une attaque ou d'imposer des restrictions massives simultanément, le réseau encaisserait un choc brutal. La décentralisation du minage n'est pas un acquis — c'est un chantier permanent.