OneCoin : le DOJ ouvre les demandes de remboursement pour les victimes
Le département américain de la Justice (DOJ) a officiellement lancé la procédure d'indemnisation des victimes de l'arnaque OneCoin. C'est acté, et les chiffres donnent le vertige.
Plus de 40 millions de dollars en avoirs confisqués sont aujourd'hui disponibles pour rembourser les investisseurs lésés. Ces fonds proviennent directement des biens saisis dans le cadre de l'affaire, liés aux instigateurs du projet, dont la cofondatrice Ruja Ignatova et Karl Sebastian Greenwood.
Rappel des faits : OneCoin était une arnaque pyramidale déguisée en crypto-monnaie, opérée entre 2014 et 2019 via un réseau de marketing à plusieurs niveaux. Le projet a ciblé des victimes aux quatre coins du monde avec de fausses promesses. Le préjudice total estimé dépasse 4 milliards de dollars. C'est l'une des plus grandes fraudes crypto de l'histoire.
Ignatova, surnommée la « CryptoQueen », a disparu le 25 octobre 2017 et reste introuvable à ce jour. Greenwood, lui, a été condamné à 20 ans de prison en 2023. La justice avance, mais à son rythme.
Le DOJ a été clair sur le processus : les victimes éligibles sont celles ayant acheté des tokens OneCoin entre 2014 et 2019. Pour être considérées, elles doivent soumettre une pétition accompagnée de justificatifs. Les dossiers peuvent être envoyés par courrier, par e-mail ou soumis en ligne. La date limite est fixée au mardi 30 juin 2026.
L'assistant procureur général A. Tysen Duva a résumé la philosophie derrière la démarche : le DOJ confisque les profits du crime pour les redistribuer aux victimes. Sur le papier, c'est exactement ce qu'on attend de la justice.
Mais soyons directs : 40 millions de dollars face à 4 milliards de pertes, c'est moins de 1 % du préjudice total. Des milliers de victimes vont se partager une fraction infime de ce qu'elles ont perdu. Et Ruja Ignatova court toujours.
Ce que ça change : le remboursement symbolique du DOJ ne réparera pas grand-chose financièrement, mais il envoie un signal fort aux escrocs du secteur : les avoirs finissent par être saisis, même des années après. Les victimes ont jusqu'au 30 juin 2026 pour déposer leur dossier — ne pas rater cette fenêtre, c'est la seule chance concrète d'obtenir quelque chose.