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S&P 500 à 7 013 points : le plus gros rebond depuis le Covid

Le S&P 500 pulvérise son record à 7 013 points. +10% en dix séances, 111 milliards injectés en un mois : Wall Street repart en mode bull.
📅 mercredi 15 avril 2026 ⏱ 2 min de lecture · 18 vues
S&P 500 à 7 013 points : le plus gros rebond depuis le Covid

Le S&P 500 a clôturé mercredi à 7 013 points, un nouveau record historique. L'indice efface intégralement les pertes du conflit américano-iranien enclenché fin février. Hausse de 0,5 % sur la seule séance, mais c'est surtout la dynamique des dix derniers jours qui impressionne.

Depuis le point bas du 30 mars, l'indice a rebondi de plus de 10 %. C'est le plus fort rally sur dix séances depuis la reprise post-Covid de 2020. Les valeurs technologiques ont surperformé avec +15 % sur la période. Nvidia s'est mis à part avec un bond de +19 %. Le moteur réel derrière tout ça : des révisions en hausse des bénéfices en mars, notamment dans l'IA et la tech.

Max Kettner, chief multi-asset strategist chez HSBC, est catégorique : le rally des deux dernières semaines est entièrement justifié. Les fondamentaux ont suivi les cours, pas l'inverse.

Les marchés ont aussi été portés par les déclarations de Donald Trump, qui affirme mercredi que la guerre pourrait se terminer « presque immédiatement ». Le cessez-le-feu en place maintient le pétrole sous les 100 $ le baril, ce qui atténue directement le risque inflationniste qui plombait les anticipations de taux depuis mars.

Les flux parlent d'eux-mêmes. En un mois, 111 milliards de dollars nets ont été injectés dans les fonds actions américains selon Bloomberg. Les fonds européens et asiatiques, eux, enregistrent des sorties nettes. L'enquête mensuelle de Bank of America confirme : les allocations aux actifs américains et à la tech ont grimpé en avril, pendant que l'exposition au Japon et à la zone euro a été réduite.

Autre signal fort : la proportion de gérants estimant que les actions américaines sont surévaluées est tombée à son plus bas depuis 2019. La baisse des cours pendant la crise combinée à la hausse des attentes de bénéfices a compressé le P/E du S&P 500 à son niveau le plus bas depuis le sell-off du « Liberation Day » d'avril dernier. Les valorisations sont redevenues attractives, les capitaux ont suivi.

Mais deux risques restent sur la table. Premier scénario : les négociations US-Iran échouent, le pétrole repart violemment à la hausse, l'inflation se ravive et la Fed repousse ses baisses de taux. Deuxième variable : la saison des earnings bat son plein. Les publications à venir des géants de la tech donneront le ton pour le reste du trimestre. Un raté sur les prévisions et le sentiment peut basculer vite.

Les marchés intègrent actuellement plusieurs baisses de taux d'ici fin 2024. Ce scénario tient tant que le pétrole reste sage et que les résultats d'entreprises confirment les révisions de mars.

Ce que ça change : Wall Street ne fait pas semblant — les fondamentaux tech sont solides, les flux massifs et les valorisations revenues à des niveaux raisonnables. Mais tout repose sur une géopolitique instable. Un retournement au Moyen-Orient et ce record devient un piège à haussiers.

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