Saylor tranche : Adam Back n'est pas Satoshi, point.
Michael Saylor ne mâche pas ses mots. Le patron de MicroStrategy a balayé d'un revers de main l'enquête du New York Times qui tente de relier Adam Back à Satoshi Nakamoto via une analyse stylistique des écrits.
Pour Saylor, la méthode ne vaut rien. Comparer des tournures de phrases et des habitudes d'écriture pour identifier le créateur du Bitcoin, c'est du vent. Sa position est limpide : la seule preuve qui compte, c'est une signature cryptographique avec la clé privée du bloc genesis. Rien d'autre.
L'affaire repart donc à zéro. Le NYT avait publié une analyse poussée, s'appuyant sur des similitudes dans le style rédactionnel entre les textes de Satoshi et ceux d'Adam Back, le créateur de Hashcash — une technologie qui a directement inspiré le mécanisme de preuve de travail du Bitcoin. Le profil colle, la timeline aussi. Mais ça ne suffit pas.
Adam Back lui-même a toujours nié être Satoshi. Il a collaboré avec le mystérieux fondateur par email, il figure dans le whitepaper original du Bitcoin, mais il maintient n'avoir aucun lien avec la création directe du protocole.
Ce n'est pas la première fois qu'un nom circule. Craig Wright a prétendu pendant des années être Satoshi, avant d'être définitivement démasqué comme imposteur par les tribunaux britanniques en 2024. Hal Finney, Nick Szabo, Len Sassaman — la liste des suspects désignés est longue. Aucun n'a jamais apporté la preuve ultime.
Et c'est précisément le point de Saylor. La stylométrie, aussi sophistiquée soit-elle, reste une science approximative. Elle peut établir des ressemblances, pas des certitudes. Dans un univers où la cryptographie permet de prouver mathématiquement une identité, s'en remettre à des analyses linguistiques paraît effectivement bien fragile.
La vraie question que personne ne pose franchement : est-ce que ça change quoi que ce soit de savoir qui est Satoshi ? Le Bitcoin fonctionne, le protocole est décentralisé, et les ~1 million de BTC dormant dans les wallets attribués à Satoshi n'ont pas bougé depuis la création du réseau. Qu'Adam Back soit ou non derrière le pseudonyme, le réseau continue de tourner sans lui.
La chasse à Satoshi reste un marronnier médiatique fascinant, mais elle dit surtout une chose : l'industrie n'a toujours pas digéré qu'un système financier révolutionnaire puisse fonctionner sans visage ni responsable identifiable.
Ce que ça change : Rien sur le fond. Tant qu'aucune clé privée des blocs originaux ne signe un message, tous les Satoshi désignés resteront des théories. Saylor a raison sur la méthode — et le mystère Satoshi continuera de faire vendre des articles.