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41 crypto-rapts en 3 mois : la France doit agir maintenant

41 enlèvements liés aux cryptos en seulement 3 mois en France. La réponse du gouvernement sera-t-elle à la hauteur de cette violence inédite ?
📅 vendredi 17 avril 2026 ⏱ 2 min de lecture · 5 vues
41 crypto-rapts en 3 mois : la France doit agir maintenant

La France est devenue la cible numéro un des crypto-rapts. En 3 mois et demi, la Direction nationale de la police judiciaire recense déjà 41 enlèvements et séquestrations liés aux cryptomonnaies depuis le 1er janvier 2026. Le chiffre est brutal. Et il ne va pas dans le bon sens.

Pour rappel, 2025 était déjà une année noire. La France concentrait à elle seule 19 des 29 attaques recensées en Europe, dans un contexte de hausse mondiale de +75 % des « wrench attacks » — ces agressions où les victimes sont forcées sous la contrainte physique à transférer leurs crypto-actifs. Sur l'ensemble de la planète, le rapport CertiK en comptabilisait 72 cas cette année-là. 2026 est en passe d'exploser ce record.

Le cas le plus récent illustre jusqu'où ces criminels sont prêts à aller. Le 13 avril, une mère et son fils de 11 ans ont été kidnappés dans un petit village de l'Yonne. Ils ont été séquestrés pendant 20 heures avant d'être libérés par le GIGN. Une opération de forces spéciales, pour une affaire de clés privées. C'est la réalité du marché crypto en France aujourd'hui.

Face à cette vague, Jean-Didier Berger, ministre délégué à l'Intérieur, a pris la parole lors de la Paris Blockchain Week, les 15 et 16 avril au Carrousel du Louvre. Il a annoncé le lancement d'une plateforme de prévention, qui aurait déjà attiré « des milliers d'inscriptions ». Son ministère travaillerait également sur « un plan plus sérieux ». Des mots choisis avec soin. Peut-être trop.

Car le problème dépasse largement une plateforme de sensibilisation. Une part significative de ces enlèvements seraient commandités depuis l'étranger. Les enquêteurs font face à des réseaux organisés, capables de cibler des détenteurs de Bitcoin ou d'autres crypto-actifs avec une précision troublante — probablement grâce à des fuites de données ou des indiscrétions dans l'entourage des victimes.

La France se positionne officiellement comme future puissance blockchain en Europe. Elle accueille la Paris Blockchain Week, attire les entreprises du secteur, affiche ses ambitions. Mais tant que des enfants sont enlevés pour forcer leurs parents à vider des wallets, ce discours sonne creux.

Une coopération internationale sérieuse, des ressources judiciaires dédiées et une véritable culture de la sécurité opérationnelle chez les investisseurs sont indispensables. Une plateforme d'inscription ne suffira pas.

Ce que ça change : avec 41 enlèvements en moins de 4 mois, la France ne peut plus traiter la sécurité des détenteurs de cryptos comme un angle mort. Si l'État veut être crédible sur la blockchain, il doit l'être aussi sur la protection physique de ceux qui y investissent — avant que la prochaine victime soit à nouveau un enfant.

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