AAVE s'effondre à un plus bas de 2 ans : la DAO se vide
AAVE touche le fond. Le token du plus grand protocole de prêt décentralisé au monde a plongé à 86,15$ mardi, son niveau le plus bas depuis juillet 2024. Sur le mois, c'est une chute de -17%. Depuis l'ATH de 661,69$ en 2021, le token a perdu 87% de sa valeur. Difficile de faire pire.
Le déclencheur immédiat ? Chaos Labs, l'un des deux gestionnaires de risques de la DAO Aave, annonce qu'il claque la porte. La firme s'occupait depuis novembre 2022 de pricer chaque prêt initié sur Aave et de gérer les risques sur tous les marchés V2 et V3. Bilan affiché : zéro mauvaise dette significative en trois ans.
Alors pourquoi partir ? Son fondateur Omer Goldberg est cash : rester signifiait perdre de l'argent, ou bâcler le travail. Ni l'un ni l'autre n'était acceptable. Chaos Labs a même refusé une offre visant à presque doubler ses honoraires annuels à 5 millions de dollars. Quand une boîte refuse le double de son salaire pour partir, c'est que le torchon brûle vraiment.
Le contexte aggrave tout. En février, BGD Labs — la firme de développement historique d'Aave — avait déjà annoncé son départ, accusant Aave Labs de vouloir recentraliser le pouvoir au sein de l'écosystème. ACI avait suivi dans la foulée, avec le même reproche : il n'y a plus de place pour des prestataires indépendants quand une entité unique capte l'essentiel du budget.
Résultat : la DAO Aave se retrouve avec un seul gestionnaire de risques, LlamaRisk, pour piloter un protocole en pleine migration vers sa V4. Stani Kulechov, fondateur d'Aave, a joué la carte diplomatique en remerciant Chaos Labs publiquement. Mais dans le même temps, il a re-posté un tweet affirmant que Chaos Labs avait cherché à « faire du chantage » à Aave avec des « exigences démesurées ». Un repost, c'est rarement anodin.
Kulechov assure que LlamaRisk connaît bien l'architecture du protocole et qu'Aave Labs mettra à disposition des ressources techniques pour combler le vide. Le budget de LlamaRisk sera augmenté. La transition sera « fluide », promet-il.
On a entendu ça avant.
Ce que ça change : Aave reste le mastodonte du DeFi lending, mais sa gouvernance décentralisée est en train de devenir une façade. Quand les contributeurs indépendants partent les uns après les autres en dénonçant une recentralisation rampante, et que le token perd 87% de sa valeur en quatre ans, la question n'est plus technique — elle est politique. Aave Labs reprend le contrôle, et le marché vote avec ses pieds.