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Anthropic s'offre 5 GW de calcul : la course à l'IA devient délirante

Anthropic vient de sécuriser près de 5 GW de capacité de calcul via Google et Broadcom, un engagement qui pourrait dépasser plusieurs centaines de milliards de dollars. Pendant ce temps, son revenu annualisé a triplé en quelques mois pour atteindre 30 milliards de dollars.
📅 mardi 7 avril 2026 ⏱ 2 min de lecture

Anthropic vient de signer l'un des accords d'infrastructure les plus massifs de l'histoire de l'IA. La startup derrière Claude a conclu un partenariat de long terme avec Google et Broadcom portant sur près de 5 GW de capacité de calcul. Pour contextualiser : 1 GW, c'est la production d'un réacteur nucléaire entier. Et le coût estimé pour déployer cette puissance tourne entre 35 et 50 milliards de dollars par gigawatt. L'addition totale pourrait donc se chiffrer en plusieurs centaines de milliards de dollars.

Le détail de l'accord : 3,5 GW proviendront d'un partenariat direct avec Broadcom, avec une mise en service prévue à partir de 2027. Le reste viendra de Google via ses TPU (Tensor Processing Units), les puces maison qui concurrencent directement les GPU de Nvidia. Ce n'est pas un hasard si Google est au cœur du deal : le géant de Mountain View détient environ 14 % d'Anthropic.

Pourquoi un tel investissement ? Parce que la demande explose, littéralement. Le revenu annualisé d'Anthropic est passé de 9 milliards de dollars fin 2025 à 30 milliards de dollars fin mars 2026. Une multiplication par plus de 3 en l'espace de quelques mois seulement. Le moteur de cette croissance : Claude Code, l'agent de programmation de la startup, qui cartonne auprès des développeurs.

Côté clients entreprises, même dynamique. En février 2026, lors de sa levée de fonds Series G à 380 milliards de dollars de valorisation, Anthropic comptait plus de 500 clients dépensant chacun plus d'1 million de dollars par an. En moins de deux mois, ce chiffre a doublé pour dépasser les 1 000 clients. Le directeur financier Krishna Rao assume : on construit l'infrastructure pour suivre la croissance, point.

Anthropoc joue par ailleurs la carte du multi-cloud assumé. Claude est le seul modèle d'IA de pointe disponible simultanément sur AWS (Bedrock), Google Cloud (Vertex AI) et Microsoft Azure (Foundry). La startup entraîne ses modèles sur les puces Trainium d'Amazon, les TPU de Google et les GPU de Nvidia. Amazon reste toutefois le partenaire principal, notamment via le projet Rainier.

Mais cette stratégie ne manque pas de soulever des questions légitimes. Google, Amazon et Microsoft sont simultanément clients, fournisseurs et actionnaires d'Anthropic. Une circularité que les critiques dénoncent depuis des mois, et que ce nouvel accord renforce encore un peu plus. Broadcom a d'ailleurs précisé dans un dépôt réglementaire que l'accord reste "dépendant du succès commercial continu d'Anthropic". Pas exactement une garantie en béton. L'action Broadcom, elle, a bondi de près de 3 % en aftermarket à l'annonce.

Ce que ça change : L'IA n'est plus une guerre de modèles, c'est une guerre d'infrastructure. Celui qui contrôle les gigawatts contrôle l'avenir. Et pendant qu'Anthropic et OpenAI signent des deals à plusieurs centaines de milliards, Nvidia, Google et Broadcom empochent la mise quoi qu'il arrive. Le vrai business model de l'IA en 2026, c'est de vendre des pelles pendant la ruée vers l'or.

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