Believe : rug pull, agression et -99% — le fondateur au tribunal
Benjamin Pasternak, fondateur de l'application SocialFi Believe, cumule désormais les ennuis judiciaires. Arrestation, accusation d'agression, soupçons de rug pull : le jeune entrepreneur australien, ex-prodige Forbes 30 under 30, se retrouve dans la tourmente.
Les faits d'abord. Un tribunal du district de New York a engagé des poursuites contre Pasternak pour agression et strangulation « avec l'intention de causer des blessures physiques », des faits survenus le 31 mai dernier. Arrêté en début de semaine, il a plaidé non coupable. Son procès est fixé au 11 juin.
Mais ce n'est pas tout. Depuis le 23 mars, Pasternak et les insiders du projet Believe font face à un recours collectif déposé par des investisseurs qui crient au rug pull. Et les chiffres parlent d'eux-mêmes : le token BELIEVE s'est effondré de plus de 99 % depuis son sommet du 15 mai 2025, où il cotait 0,35 dollar.
Le mécanisme accusé est précis. Lors de la migration du token — initialement listé sous le ticker LAUNCHCOIN vers BELIEVE — les membres du projet auraient créé 333 millions de nouveaux tokens réservés exclusivement aux insiders. Résultat : une dilution massive des investisseurs lambda, pendant que les tokens non migrés étaient purement détruits.
Ce type de manœuvre est un classique des arnaques crypto : on force une migration, on dilue, on enrichit les initiés, on laisse les autres avec des tokens sans valeur. ZachXBT, le détective onchain bien connu de la communauté, avait déjà contribué à révéler les manipulations autour du projet.
Depuis le dépôt du recours collectif, Pasternak a totalement disparu des radars. Aucune communication, aucune explication aux investisseurs lésés. Selon ces derniers, l'affaire BELIEVE ne serait d'ailleurs pas une première pour lui dans ce registre.
La trajectoire de Pasternak est édifiante : développeur prodige à 14 ans, classé par Forbes dans les 30 under 30 en 2020, il lance Clout début 2025 — une plateforme de "monétisation des relations sociales" — rapidement rebaptisée Believe. La SocialFi était présentée comme le prochain eldorado crypto. Pour les investisseurs du token BELIEVE, ça ressemble surtout à un désastre financier.
Le procès du 11 juin devrait apporter des éléments, au moins sur le volet pénal. La procédure collective suit son propre calendrier.
Ce que ça change : les projets SocialFi avec des tokens migratoires forcés doivent être considérés comme des signaux d'alarme majeurs — la mécanique du rug pull via dilution d'insiders devient de plus en plus sophistiquée, et les investisseurs continuent de payer l'addition.