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Bitcoin et dollar : alliés, pas ennemis

Contrairement aux idées reçues, Bitcoin renforce la domination du dollar américain plutôt qu'il ne la menace. Pendant ce temps, la Chine interdit tout mais contrôle toujours plus de 36% du hashrate mondial.
📅 dimanche 5 avril 2026 ⏱ 2 min de lecture

Le Bitcoin saboterait le dollar américain ? C'est faux. C'est même l'inverse. Sam Lyman, directeur de la recherche au Bitcoin Policy Institute à Washington, le dit sans détour : BTC et le dollar entretiennent une relation symbiotique.

La logique est simple. La première paire de trading Bitcoin dans le monde, c'est BTC/USD — autrement dit USDT, le stablecoin de Tether, adossé à du cash et à de la dette américaine à court terme. Chaque transaction BTC crée de la demande pour le dollar. Plus Bitcoin grossit, plus le dollar circule.

Lyman compare ça au système pétrodollar, né au début des années 70 : le pétrole se vend en dollars, donc le monde entier a besoin de dollars. Bitcoin joue le même rôle amplificateur. Vouloir opposer BTC et le dollar, c'est mal comprendre la mécanique.

Dans ce contexte, Lyman appelle les législateurs américains à finaliser le cadre réglementaire GENIUS sur les stablecoins, sans le dénaturer. L'objectif : sécuriser la domination américaine dans la course géopolitique aux monnaies numériques. Pas le moment de tergiverser.

Face à cette dynamique, la Chine joue une partition radicalement différente. Pékin a banni Bitcoin et les stablecoins à plusieurs reprises, parce qu'ils représentent une menace directe pour les contrôles de capitaux qui structurent toute l'économie chinoise. Le régime a besoin d'empêcher ses élites de faire sortir leur argent du pays. Un stablecoin en dollar, c'est une brèche dans ce mur.

En 2025, la Chine a réaffirmé son interdiction des stablecoins pour mieux pousser le yuan numérique, son CBDC souverain : programmable, contrôlable, traçable à 100%. Un outil de surveillance économique autant que monétaire.

Mais voilà le problème pour Pékin : les bans ne fonctionnent pas. Malgré l'interdiction totale du minage de Bitcoin sur son territoire, les pools miniers chinois contrôlent encore plus de 36% du hashrate mondial selon Hashrate Index. 36% de la puissance de calcul qui sécurise le réseau Bitcoin, depuis un pays qui a officiellement banni Bitcoin. L'ironie est totale.

Les flux de stablecoins continuent eux aussi d'entrer et sortir de Chine, malgré les interdictions. La réalité du terrain dément la communication officielle de Pékin.

Ce que ça change : Les États-Unis ont tout intérêt à embrasser Bitcoin et les stablecoins comme outils de puissance dollar — c'est leur meilleure arme géopolitique face à une Chine qui veut imposer un yuan numérique aux pays émergents. Réguler intelligemment, c'est gagner la guerre des monnaies du XXIe siècle.

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