Bitcoin : pire trimestre depuis 2018, mais il enterre les actions
Un trimestre brutal
Bitcoin clôture le premier trimestre 2026 dans le rouge sang. Le cours est passé d'environ 95 000 $ en février à 66 700 $ fin mars, soit une chute de 22 % depuis le début de l'année. Au plus bas, la perte atteignait 34,6 %. C'est le pire trimestre pour BTC depuis début 2018, selon les données de Talos et Coin Metrics.
La cause ? Un cocktail explosif : guerre en Iran, droits de douane et une Fed obstinément hawkish. Les actifs risqués ont tous pris cher.
Mais Bitcoin résiste mieux que tout le monde
Voilà le plot twist. Depuis le déclenchement de la guerre en Iran le 28 février, Bitcoin n'a lâché que 1,5 %. En face, l'or a dévissé de 17 %, le Nasdaq de 7,6 % et le S&P 500 de 7,4 %.
Bitcoin comme valeur refuge en temps de guerre ? Le narratif prend forme, chiffres à l'appui.
Pour Samar Sen, responsable des marchés internationaux chez Talos, cette performance trimestrielle relève davantage d'un "reset macro que d'un changement structurel". Traduction : la tendance de fond n'est pas cassée, c'est le contexte mondial qui a plombé tout le monde.
Whales en grève, institutionnels en embuscade
Selon une note de Wintermute, BTC reste coincé dans un range 66 000 $ – 70 000 $. Les transferts de whales sont à des plus bas pluriannuels. Personne ne défend les niveaux. Institutions et particuliers "restent sur la touche, refusant d'engager du capital" tant qu'il n'y a pas de clarté réglementaire ou géopolitique.
Mais tout n'est pas noir. Les ETF Bitcoin spot américains détiennent toujours environ 100 milliards de dollars d'actifs et ont enregistré des entrées nettes en mars. La liquidité sur les carnets d'ordres s'est aussi redressée par rapport aux creux de fin 2025. La structure de marché tient mieux que lors des cycles précédents.
Ce qui peut tout changer au Q2
Deux catalyseurs dominent :
1. La Fed. Un pivot vers la pause ou l'assouplissement libérerait de la liquidité et relancerait l'appétit pour le risque. Mais sur le marché de prédiction Myriad, les utilisateurs n'accordent que 5 % de chances à une baisse de taux supérieure à 25 points de base au premier semestre.
2. L'Iran. Un cessez-le-feu serait un déclencheur massif. Mais là aussi, le pessimisme règne : les probabilités d'un cessez-le-feu USA/Iran avant juin sont passées de 58 % à 39 % en une semaine. Pire, les chances d'un déploiement de troupes américaines avant mai ont bondi de 57 % à 87 %.
Markus Levin, cofondateur de XYO, souligne aussi que la demande de Bitcoin explose dans les pays sous pression économique comme l'Iran, où l'accès au système financier mondial est limité. Ce n'est pas suffisant pour contrer les forces macro à court terme, mais ça renforce le rôle de BTC comme outil de souveraineté financière.
Ce que ça change :
Ce trimestre raconte deux histoires. La première : Bitcoin a souffert comme tout le monde, et personne n'est à l'abri d'une guerre et d'une Fed agressive. La seconde, plus importante : quand le chaos a vraiment frappé, BTC a mieux encaissé que l'or, le Nasdaq et le S&P 500. Le marché attend un signal — un pivot de la Fed ou un cessez-le-feu — pour se réengager. Si l'un des deux arrive au Q2, le rebond pourrait être violent. Sinon, préparez-vous à un été long et douloureux dans le range.