Bitcoin résiste à la guerre, mais le bear market est loin d'être fini
Le Bitcoin a surpris tout le monde. Quand les missiles ont commencé à voler le 28 février dernier, la quasi-totalité des traders s'étaient positionnés short sur le BTC, convaincus que la montée du risque géopolitique allait l'envoyer au tapis. Résultat : c'est le contraire qui s'est produit.
Depuis cette date, l'or a perdu 12 % et l'argent s'est effondré de 22 %. Le Bitcoin, lui, est stable. Dans un contexte de guerre ouverte et d'aversion au risque généralisée, c'est une performance que personne n'avait anticipée. La résilience est réelle, indéniable, et elle mérite qu'on en parle.
Mais attention à ne pas confondre résilience et retournement de tendance. Parce que certains analystes ont rapidement sauté aux conclusions : le bear market serait terminé, le bottom aurait été touché à 60 000 dollars le 26 février. C'est une erreur d'analyse.
Vincent Ganne, analyste technique et macro, est catégorique : le marché baissier cyclique du Bitcoin est toujours actif. La règle est simple — tant que le BTC trade sous sa moyenne mobile à 200 jours, on reste en bear market. Point.
Le cycle de 4 ans, que les bitcoiners sérieux suivent depuis des années, pointe vers le second semestre 2026 pour le bottom final. Plus précisément, la fenêtre attendue se situe entre août et octobre 2026. Un plancher établi en février, soit en plein milieu de l'hiver, ne colle pas avec les précédents historiques.
Sur le niveau de prix, les 60 000 dollars sont jugés trop élevés pour constituer un vrai bottom de bear market. Quatre indicateurs convergent vers une zone plus basse, autour des 50 000 à 55 000 dollars. Le CVDD, l'indicateur on-chain historiquement le plus précis pour détecter les bas de cycle, pointe actuellement à 48 000 dollars. Le Realized Price — c'est-à-dire le prix moyen auquel tous les détenteurs de BTC ont acheté leurs coins — se situe autour de 54 000 dollars. Le modèle de power law, une approche mathématique de l'évolution du cours, confirme lui aussi cette zone des 55 000 dollars comme cible de bottom. Et enfin, le coût de production moyen par bitcoin tombe lui aussi dans la fourchette 50 000 à 60 000 dollars.
Quatre méthodes différentes, quatre lectures différentes des données, et toutes arrivent au même endroit : il manque encore un dernier drawdown significatif avant de pouvoir parler d'un vrai point d'entrée massif sur le BTC et les altcoins.
Le scénario central pour la suite : une continuation de la pression baissière au fil des prochains mois, un dernier flush vers les 50 000 dollars ou légèrement en dessous, et un bottom définitif quelque part entre août et octobre 2026 avant le prochain bull run.
Ce que ça change : la résilience du Bitcoin face à la guerre est un signal de maturité de l'actif, pas un signal d'achat. Ceux qui achètent massivement maintenant en pensant que le pire est derrière risquent de se retrouver à moyenner à la baisse pendant encore plusieurs mois. Patience et discipline, c'est le vrai edge en bear market.