Crypto UK : régulation totale en octobre 2027, voici ce qui change
La Financial Conduct Authority (FCA) a officialisé mercredi son calendrier de régulation crypto pour le Royaume-Uni. Le verdict est clair : toutes les activités crypto significatives seront encadrées d'ici octobre 2027. Les entreprises pourront déposer leur dossier d'autorisation dès septembre 2026.
Sept catégories d'activités entrent dans le périmètre réglementaire : l'émission de stablecoins, les plateformes de trading, le courtage, la conservation d'actifs, et le staking, entre autres. La consultation est ouverte jusqu'au 3 juin 2025, avec des règles finales attendues cet été et des précisions complémentaires à l'automne.
Le Royaume-Uni abandonne ainsi son cadre minimal, jusqu'ici limité aux obligations anti-blanchiment et à la promotion financière, pour un système structuré calqué sur les standards post-2008 : capital prudentiel, règles de conduite, surveillance des abus de marché.
Yuriy Brisov, associé chez Digital & Analogue Partners, salue le choix d'un périmètre basé sur les activités plutôt que sur les entités. Concrètement, une même entreprise peut exercer plusieurs activités réglementées sous une seule structure. C'est plus souple qu'une licence globale et ça colle bien à la réalité du marché centralisé actuel.
Mais Brisov pointe une lacune majeure : le texte ne parle quasiment pas de DeFi. "Mon analyse est que le périmètre, tel qu'il est rédigé, ne décrit pas encore la partie du marché qui va probablement définir le prochain cycle", dit-il. Les projets non-custodial et les systèmes composables vont se retrouver dans un flou juridique prolongé.
Sur la DeFi justement, la FCA a confirmé qu'elle consultera séparément sur ce sujet plus tard dans l'année. Brisov va encore plus loin en affirmant que "le seul vrai projet DeFi sur Terre aujourd'hui, c'est Bitcoin". Provocateur, mais ça résume bien le problème de classification qui attend tout le secteur.
Autre angle mort : les risques systémiques liés à la technologie elle-même. Le cadre couvre la fraude, le blanchiment et la manipulation de marché. Mais les phénomènes de contagion inter-protocoles ou les effets de débordement offshore restent dans l'ombre.
Toutes les entreprises crypto servant des utilisateurs britanniques, y compris les opérateurs étrangers, devront revoir leur structure avant la fenêtre d'autorisation de 2026. Le délai semble long, mais en pratique, obtenir une autorisation réglementaire prend facilement 12 à 18 mois.
Ce que ça change : Le Royaume-Uni se donne enfin un cadre crypto sérieux, mais il arrive après l'UE avec MiCA et laisse volontairement la DeFi de côté. Pour les acteurs CeFi, c'est une bonne nouvelle : les règles du jeu sont connues. Pour les protocoles décentralisés, le vide juridique reste entier et ça va créer des batailles de classification qui dureront des années.