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Fraudes crypto : 11,4 milliards de dollars volés en 2024, le FBI sort les chiffres

Le FBI vient de publier son rapport annuel sur la cybercriminalité : les arnaques crypto ont coûté 11,4 milliards de dollars aux victimes en 2024, soit une hausse de 22 % en un an. 181 565 plaintes enregistrées. Les escrocs n'ont jamais été aussi actifs.
📅 mercredi 8 avril 2026 ⏱ 2 min de lecture

Le FBI a publié son rapport annuel sur la criminalité en ligne. Le verdict est brutal : l'Internet Crime Complaint Center (IC3) a recensé 11,366 milliards de dollars de pertes liées aux fraudes crypto en 2024. C'est +22 % par rapport à 2023. En clair, les arnaques crypto explosent et personne ne freine vraiment la tendance.

Au total, 181 565 plaintes ont été déposées sur l'année. Ça représente des centaines de milliers de victimes réelles, des gens qui ont perdu des économies, parfois leur retraite, parfois tout.

Le FBI ne donne pas que des chiffres globaux. Le rapport détaille aussi qui sont les cibles privilégiées des escrocs. Sans surprise, les personnes âgées sont en première ligne. Les plus de 60 ans représentent la tranche d'âge la plus touchée, à la fois en nombre de plaintes et en montant des pertes. Ce sont aussi les profils les moins à l'aise avec les mécanismes techniques de la crypto, ce qui en fait des cibles faciles pour les arnaques sophistiquées.

Les schémas d'arnaque les plus répandus restent les mêmes qu'on documente depuis des années. Le « pig butchering » — cette technique où l'escroc construit une relation de confiance sur plusieurs semaines avant de pousser la victime à investir sur une fausse plateforme — continue de faire des ravages. Les fausses plateformes d'investissement, les arnaques romantiques à base de crypto, et les usurpations d'identité de célébrités ou d'entreprises complètent le tableau.

Ce qui est frappant dans ce rapport, c'est l'écart entre le nombre de plaintes et les fonds réellement récupérés. Le FBI ne communique pas de chiffre précis sur les saisies, mais historiquement, une infime fraction des sommes volées est restituée aux victimes. La blockchain est traçable, certes. Mais les criminels utilisent des mixeurs, des chaînes multiples et des exchanges offshore pour blanchir les fonds à vitesse grand V.

Les 11,4 milliards de dollars de 2024 représentent aussi probablement une sous-estimation. Le FBI lui-même reconnaît que la grande majorité des victimes ne dépose jamais plainte, soit par honte, soit par méconnaissance des recours disponibles. Le chiffre réel pourrait être deux à trois fois supérieur.

L'industrie crypto de son côté avance des arguments sur l'amélioration des outils de détection on-chain, les partenariats avec les exchanges pour bloquer les adresses suspectes, et les efforts de sensibilisation. C'est réel. Mais clairement insuffisant face à l'industrialisation des arnaques, souvent orchestrées depuis des fermes à escrocs en Asie du Sud-Est où des milliers de personnes travaillent de force.

Ce que ça change : Rien pour l'instant, et c'est bien le problème. Tant qu'il n'y aura pas de coopération internationale sérieuse, de régulation des exchanges offshore et d'éducation massive du grand public, ces chiffres continueront de grimper chaque année. Le rapport du FBI est utile. Mais un rapport de plus sans action coordonnée, c'est juste de la paperasse.

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