Guerre, prix en berne : le hashrate mondial encaisse le choc
Le hashrate mondial de Bitcoin a reculé de 5,8% entre le premier et le deuxième trimestre 2025, passant de 1 066 EH/s à environ 1 004 EH/s. Cause principale : l'effondrement de la rentabilité minière, pas la guerre au Moyen-Orient.
L'Iran, lui, a pris un coup sévère. Le pays a perdu environ 7 EH/s sur un trimestre, ramenant son hashrate à seulement 2 EH/s. Les frappes américaines et israéliennes menées depuis février, combinées aux ripostes iraniennes, ont clairement mis à mal l'infrastructure minière locale. L'Iran comptait pourtant quelque 427 000 rigs Bitcoin actifs.
La bonne nouvelle, c'est que la contagion s'est arrêtée aux frontières iraniennes. Les Émirats arabes unis et Oman, pourtant voisins directs, n'ont subi aucun impact notable. Ian Philpot, directeur marketing de Luxor Technology, est direct : "L'impact est resté confiné à l'Iran. Aucune région seule ne détient assez de capacité pour menacer la continuité du réseau. Les perturbations régionales redistribuent le hashrate, elles ne le détruisent pas."
La vraie menace vient d'ailleurs. Bitcoin a chuté de plus de 45% par rapport à son all-time high de 126 000 dollars atteint en octobre 2024. Résultat : les hash prices sont à des niveaux historiquement bas. Les mineurs qui tournent avec du matériel vieillissant — efficacité supérieure à 25 J/TH — opèrent désormais à marge brute négative. Ils éteignent leurs machines, tout simplement.
Luxor Technology estime que 252 EH/s de capacité marginale est actuellement hors ligne, la majorité étant du hardware ancien déjà mis au rebut. Ce n'est pas une crise, c'est un cycle. Les opérateurs profitent du creux pour retirer les vieilles machines et déployer sélectivement du matériel moderne là où la rentabilité peut tenir sur le long terme.
La concentration géographique du hashrate reste frappante. Les États-Unis dominent avec plus de 37% du hashrate mondial, suivis par la Russie à 17% et la Chine à 12%. Ces trois pays contrôlent à eux seuls 65,6% du réseau Bitcoin. Le Canada affiche lui un léger recul trimestriel mais reste en croissance annuelle, signe d'une optimisation plutôt que d'une fuite.
Les grands acteurs sont globalement stables en volume, mais leur parc machine évolue. Les anciennes générations disparaissent, les nouvelles arrivent là où les marges le permettent encore. La géographie du mining se recompose discrètement, dictée non pas par la réglementation ou le coût de l'énergie, mais par une seule variable : le prix du Bitcoin.
Ce que ça change : Quand le BTC monte, tout le monde mine. Quand il corrige de 45%, c'est une purge naturelle qui élimine les moins efficaces. Le réseau Bitcoin ne s'en porte pas plus mal — il se concentre, il s'optimise. Mais si les prix ne remontent pas, les 252 EH/s qui dorment ne se réveilleront jamais.