Kidnappings crypto en France : un même réseau derrière tout ça ?
La France est devenue la cible numéro un des kidnappeurs qui s'attaquent aux familles de détenteurs de cryptomonnaies. Et ce n'est peut-être pas le fruit du hasard ni d'une série de copycats isolés. La justice française commence à assembler les pièces du puzzle — et ce qu'elle voit est inquiétant.
Le 27 mars 2026, une juge d'instruction a pris une décision rare : fusionner 3 dossiers distincts en une seule et même procédure. Ces 3 affaires remontent toutes à mai 2025, une période noire pour les proches de personnalités du secteur crypto.
Premier coup, le 1er mai à Paris. Le père d'un entrepreneur crypto est enlevé par 4 hommes cagoulés alors qu'il sort promener son chien. Une rançon de 5 à 7 millions de dollars en cryptomonnaies est exigée. Faute de paiement dans les délais, les ravisseurs lui coupent un doigt. Il sera libéré par la police.
Deuxième coup, le 13 mai, toujours à Paris. 4 individus masqués s'en prennent en plein jour, dans le XIe arrondissement, à la fille et au petit-fils de Pierre Noizat, PDG de Paymium. C'est uniquement grâce à l'intervention du compagnon de la victime que les assaillants prennent la fuite.
Troisième coup, le 26 mai, à Couëron en Loire-Atlantique. Une famille gérant une entreprise crypto échappe de peu à l'enlèvement. La police interpelle 10 hommes en cagoule avant que l'opération n'aboutisse. Cette tentative avait été découverte grâce aux investigations ouvertes après le raid du 13 mai.
Après un an d'enquête, la magistrate a identifié des similitudes trop précises pour être fortuites. Même mode opératoire, mêmes profils de cibles, même structure pyramidale avec des exécutants recrutés séparément, des logisticiens et des commanditaires restés dans l'ombre. La jonction des 3 procédures porte à 45 le nombre total de personnes mises en examen.
Mais le réseau pourrait être encore plus large. Les enquêteurs ont déjà établi un lien entre 2 autres affaires survenues début 2026. La nuit du 14 au 15 janvier à Sallanches, un couple de septuagénaires est enlevé à domicile et retrouvé 2 jours plus tard à Montélimar, les doigts lacérés. Un commanditaire est identifié : Kassim G. Or, ce même individu est déjà mis en examen pour une autre affaire : celle d'une magistrate et de sa mère, séquestrées 30 heures près de Lyon en février 2026 — le compagnon de la victime étant associé dans une start-up crypto.
Les enquêteurs cherchent désormais à établir si les commanditaires de ces 2 affaires sont les mêmes que ceux des 3 affaires parisiennes. Si le lien est confirmé, on parlerait d'une seule et même organisation criminelle coordonnée, spécialisée dans l'extorsion de cryptomonnaies en France.
Ce que ça change : On n'est plus face à des criminels opportunistes qui imitent les uns les autres — on est face à une structure organisée, avec une hiérarchie, des rôles définis et des cibles choisies. Tant que les commanditaires resteront dans l'ombre, aucun détenteur de crypto exposé publiquement en France ne peut se sentir en sécurité.