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Satoshi Nakamoto, c'est lui ? Adam Back brise le silence

Adam Back ciblé par le NYT comme créateur du Bitcoin après 1 an d'enquête et 134 000 posts analysés. Il nie, mais ses arguments convaincront-ils ?
📅 vendredi 10 avril 2026 ⏱ 2 min de lecture · 48 vues
Satoshi Nakamoto, c'est lui ? Adam Back brise le silence

Le New York Times a lâché une bombe le 8 avril 2026 : après plus d'un an d'enquête, le journal américain pointe Adam Back comme le créateur supposé du Bitcoin. Le cryptographe britannique nie en bloc. Mais les chiffres derrière l'accusation sont difficiles à ignorer.

L'équipe du NYT, menée par John Carreyrou — l'homme qui a coulé Theranos — a épluché 134 000 messages postés par 620 candidats sur des listes de diffusion cryptographiques remontant à 1992. Résultat : les chercheurs ont identifié 325 particularités stylistiques dans les écrits de Satoshi Nakamoto. Adam Back en partage 67. Le second candidat le plus proche n'en partage que 38. L'écart est massif.

Les similitudes ne s'arrêtent pas aux chiffres. Orthographe britannique, doubles espaces entre les phrases, usage alterné de "e-mail" et "email", patterns d'utilisation des traits d'union : les enquêteurs ont listé des habitudes d'écriture quasi identiques entre Back et Satoshi. À cela s'ajoute un timing troublant : au moment où Satoshi annonce Bitcoin fin 2008, Back disparaît soudainement des forums de discussion sur le cash numérique où il était pourtant très actif depuis des années.

Face à ces accusations, Back n'a pas fui. Il a répondu point par point.

Sur le tweet "We Are All Satoshi" — jugé suspect par plusieurs analystes — il donne une explication simple : la phrase est tirée d'un court-métrage artistique intitulé *Block 170, The First Transaction*, dans lequel ces mots sont gravés dans la pierre. Son tweet n'était qu'une référence au film, rien de plus.

Sur l'analyse linguistique, il retourne l'argument : plus on est actif sur des forums, plus on génère de données, et donc plus les chances de trouver des correspondances stylistiques augmentent mécaniquement. Il rappelle aussi que des dizaines de chercheurs travaillaient simultanément sur les mêmes concepts de cash numérique à l'époque, ce qui explique les similitudes techniques sans impliquer une identité commune.

Back va même plus loin que la simple défense personnelle. Il avance que l'anonymat de Satoshi est une force pour le Bitcoin, pas une faiblesse. Un protocole sans fondateur identifiable est perçu comme un actif neutre, une infrastructure, plutôt que comme le projet d'un individu exposé aux pressions réglementaires, juridiques ou médiatiques. Le mystère, selon lui, est une fonctionnalité délibérée du système.

Enquête sérieuse ou chasse aux sorcières médiatique ? Le NYT a mis les moyens. Mais des preuves stylistiques et un timing restent des indices circonstanciels, pas des preuves. Satoshi pourrait très bien avoir admiré et copié le style de Back — ou l'inverse. La question reste ouverte.

Ce que ça change : que Back soit Satoshi ou non, cette enquête rappelle que l'identité du créateur du Bitcoin est une question à plusieurs milliards de dollars — et que quiconque sera un jour identifié comme tel devra faire face à une pression géopolitique, fiscale et juridique sans précédent.

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