← Retour 🟠 bitcoin

Saylor démonte Schiff : le débat Bitcoin vs or repart de plus belle

Peter Schiff affirme que Bitcoin a sous-performé l'or, l'argent et les actions sur cinq ans. Michael Saylor lui répond avec une contre-attaque qui met en lumière les limites du raisonnement du goldenbug.
📅 dimanche 5 avril 2026 ⏱ 2 min de lecture

Peter Schiff a sorti les graphiques. Le défenseur de l'or a publié des données affirmant que Bitcoin avait sous-performé l'or, l'argent et les actions américaines sur une période de cinq ans. Pour lui, c'est la preuve que le BTC n'est pas la réserve de valeur qu'on prétend.

Michael Saylor, président exécutif de Strategy — anciennement MicroStrategy — n'a pas laissé passer ça. Il a répliqué publiquement, pointant ce qu'il considère comme une faille fondamentale dans l'argumentation de Schiff : le choix de la fenêtre temporelle.

C'est le vieux truc du cherry-picking. Sélectionner une période de cinq ans spécifique permet de faire dire n'importe quoi à n'importe quel actif. Bitcoin a connu des cycles violents, des sommets paraboliques et des baisses brutales. Choisir le bon point de départ, c'est déjà avoir gagné le débat avant de l'avoir commencé.

Sur 10 ans, Bitcoin écrase littéralement toutes les classes d'actifs sans exception. L'or, l'argent, le S&P 500, l'immobilier — aucun ne tient la comparaison face à un BTC qui est passé de quelques centaines de dollars à des dizaines de milliers. Ce n'est pas une opinion, c'est une donnée brute.

Schiff et Saylor se livrent cette guerre depuis des années. D'un côté, un homme qui a bâti sa réputation sur l'or physique comme ultime protection contre l'inflation et la dévaluation monétaire. De l'autre, un homme qui a converti la trésorerie entière de son entreprise en Bitcoin et en fait une religion d'entreprise. Les deux ont des intérêts financiers directs dans leur propre camp. Il faut le garder en tête.

Mais sur le fond, l'argument de Schiff a un problème structurel. L'or a effectivement bien performé ces derniers temps, porté par les tensions géopolitiques et la méfiance envers le dollar. Ce contexte macro est réel. Sauf que Bitcoin bénéficie exactement des mêmes vents porteurs — et y ajoute une couche technologique, une offre plafonnée à 21 millions d'unités et une adoption institutionnelle qui ne s'arrête pas.

Les ETF Bitcoin spot aux États-Unis ont englouti des milliards de dollars en quelques mois à peine. BlackRock, Fidelity, les fonds souverains qui commencent à regarder — ce n'est pas le profil d'un actif en train de sous-performer.

Schiff a le mérite de la constance. Il dit la même chose depuis 2011. Mais la constance n'est pas un argument quand les faits évoluent.

Ce que ça change : Ce débat n'est pas juste une querelle d'ego entre deux personnages médiatiques. Il révèle que la bataille narrative autour de Bitcoin est loin d'être gagnée — et que les partisans du BTC ont encore du travail pour imposer les bonnes métriques de comparaison dans le débat public.

A lire aussi