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Schwab et Citadel lorgent les marchés de prédiction

Volume record de 23,6 milliards $ en mars : Charles Schwab et Citadel Securities envisagent d'entrer sur les marchés de prédiction. Ce que ça implique.
📅 dimanche 19 avril 2026 ⏱ 2 min de lecture · 8 vues
Schwab et Citadel lorgent les marchés de prédiction

Deux mastodontes de la finance traditionnelle s'intéressent de près aux marchés de prédiction. Charles Schwab et Citadel Securities ont tous les deux confirmé, jeudi, qu'ils étudiaient sérieusement une entrée dans ce secteur en pleine explosion.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Kalshi et Polymarket ont ensemble atteint un volume mensuel record de 23,6 milliards de dollars en mars 2025, selon Token Terminal. Ce n'est plus une niche, c'est un marché.

Rick Wurster, CEO de Charles Schwab, a été direct lors d'un appel avec ses investisseurs : "À un moment donné, nous aurons probablement des marchés de prédiction." Il reconnaît que ses clients n'en sont pas encore fans, mais que le sujet mérite "un examen sérieux". Schwab, c'est l'une des plus grandes plateformes de courtage aux États-Unis. Quand elle parle, le marché écoute.

Mais Wurster pose une limite claire : pas de paris sur le sport, la politique ou la pop culture. Schwab veut rester un outil de construction de patrimoine à long terme. "Les statistiques sur les succès des parieurs ne sont pas brillantes, et les gens perdent généralement de l'argent", a-t-il tranché. Le message est limpide : Schwab ne veut pas devenir un casino.

Citadel Securities, le géant du market-making, adopte une approche similaire. Jim Esposito, son président, a déclaré lors d'une conférence à Washington que la firme "garde absolument un œil sur les développements" du secteur. Il freine toutefois sur l'aspect liquidité : "On n'est pas encore là, il n'y a pas suffisamment de liquidité." Mais il anticipe une montée en puissance rapide.

Esposito écarte lui aussi le sport, mais s'intéresse aux contrats sur événements. L'idée : permettre à des investisseurs institutionnels et particuliers de se couvrir contre des risques macroéconomiques, comme les résultats d'élections qui font bouger les marchés. "C'est l'un des risques majeurs pour les portefeuilles des investisseurs", a-t-il expliqué. "Avoir un moyen propre et distinct de couvrir certains risques, il y a là une vraie logique industrielle."

Ce contexte survient alors que les marchés de prédiction subissent une pression réglementaire croissante. Plusieurs États américains ont attaqué Kalshi et Polymarket en justice, les accusant de proposer des paris sportifs sans licence. Des élus fédéraux réclament aussi un encadrement plus strict, dénonçant un risque de délit d'initié.

L'arrivée potentielle de Schwab et Citadel changerait radicalement la donne. Ces acteurs ont les ressources juridiques, la crédibilité réglementaire et la base de clients pour légitimer un secteur encore perçu comme sauvage par une partie des autorités.

Ce que ça change : Si Schwab et Citadel entrent sur les marchés de prédiction, même de façon encadrée, ils apportent une légitimité institutionnelle massive à un secteur que les régulateurs cherchent encore à coincer. C'est potentiellement le tournant qui transforme ces plateformes de paris en outils financiers mainstream — et qui forcera les régulateurs à jouer selon de nouvelles règles.

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