Tether gèle 344 millions $ liés à l'Iran : une première historique
Tether vient de réaliser le plus grand gel de stablecoins de l'histoire : 344 millions de dollars en USDT bloqués en collaboration avec le Trésor américain, ciblant directement la Banque Centrale d'Iran.
Tout part d'une situation assez surréaliste. Depuis le 23 avril 2026, l'Iran prétend percevoir des « péages » sur les navires commerciaux traversant le détroit d'Ormuz. Des arnaqueurs ont même usurpé l'identité des autorités maritimes iraniennes pour soutirer de l'argent à de vraies compagnies de transport. Le chaos s'en est suivi, avec l'IRGC (les gardiens de la révolution iraniens) harcelant des navires qui avaient payé… mais pas les bonnes personnes.
Face à son exclusion du système SWIFT et bancaire international, Téhéran aurait donc misé sur les stablecoins pour encaisser ces nouvelles taxes contestées. Mauvais calcul.
Le 24 avril, l'OFAC (le gendarme des sanctions américaines) a ajouté deux adresses crypto à sa liste noire SDN, liées à la Banque Centrale d'Iran. Tether a gelé les fonds dans la foulée. Paolo Ardoino, le PDG de la société, a été direct : «L'USDT n'est pas un refuge pour les activités illicites.»
Ce n'est pas un coup isolé. Selon Chainalysis, l'Iran utilise des réseaux de courtiers pour convertir ses revenus pétroliers illicites en stablecoins, les faire transiter par des bridges et des protocoles DeFi pour brouiller les pistes, avant de les réinjecter vers des entités liées à l'IRGC. Un intermédiaire nommé Alireza Derakhshan aurait coordonné l'achat de plus de 100 millions de dollars en crypto entre 2023 et 2025.
Et Washington ne s'est pas arrêté là : des raffineries chinoises et une quarantaine de sociétés de transport maritime ont aussi été sanctionnées simultanément, pour couper toute la chaîne de valorisation du pétrole iranien.
Ce que ça veut dire concrètement : les stablecoins ne sont pas hors de portée des régulateurs, et Tether coopère activement avec les autorités américaines. Pour les utilisateurs lambda, rien ne change — mais ça rappelle que l'USDT reste une émission centralisée, avec un interrupteur d'urgence bien réel.