USDC au détroit d'Hormuz ? Le boss de Circle dit non
Jeremy Allaire, PDG de Circle, a mis les choses au clair. Lors d'une conférence de presse à Séoul le 13 avril, il a balayé les rumeurs qui circulaient depuis quelques jours : l'USDC ne servira pas à régler un hypothétique péage crypto imposé par l'Iran au détroit d'Hormuz.
L'inquiétude venait d'une idée simple mais explosive : l'Iran, sous pression des sanctions occidentales, pourrait exiger des paiements en cryptomonnaies pour laisser passer les navires commerciaux dans l'un des points de passage maritimes les plus stratégiques au monde. Environ 20% du pétrole mondial transite par ce détroit. Si des cryptos stables comme l'USDC venaient à être utilisées pour contourner les sanctions, les conséquences géopolitiques et réglementaires seraient massives.
Allaire n'a pas tourné autour du pot. Il juge ce scénario peu probable, sans toutefois développer longuement les raisons techniques ou légales qui rendraient une telle utilisation impossible. Circle, en tant qu'émetteur centralisé de l'USDC, a la capacité de geler des adresses et de bloquer des transactions. C'est précisément ce mécanisme de contrôle qui rend l'USDC peu adapté à des opérations voulant contourner des sanctions internationales.
Rappelons-le : l'USDC est un stablecoin adossé au dollar américain, émis par Circle, entreprise régulée aux États-Unis. Chaque token peut être blacklisté directement au niveau du contrat intelligent. L'Iran, soumis aux sanctions les plus sévères du monde occidental, aurait donc tout intérêt à se tourner vers des actifs bien moins traçables et bien moins contrôlables, comme Monero ou des marchés peer-to-peer décentralisés.
Cette sortie d'Allaire intervient dans un contexte tendu. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient alimentent les spéculations sur le rôle que pourraient jouer les cryptos dans les conflits économiques internationaux. La question n'est pas absurde : plusieurs États sous sanctions ont déjà exploré le Bitcoin ou d'autres cryptos pour contourner le système financier traditionnel.
Mais l'USDC, avec sa structure centralisée et sa dépendance directe au cadre réglementaire américain, est sans doute le pire outil possible pour ce genre d'opération. Allaire le sait mieux que quiconque.
Ce que ça change : Cette mise au point confirme une réalité souvent ignorée — tous les stablecoins ne se valent pas. L'USDC est une arme du système, pas contre lui. Quiconque cherche à contourner les sanctions n'ira pas frapper à la porte de Circle.