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Bitcoin vs quantique : préparer l'attaque avant la crise

Adam Back tire la sonnette d'alarme : la menace quantique sur le Bitcoin est dans 20 à 40 ans, mais la préparation commence maintenant.
📅 jeudi 16 avril 2026 ⏱ 2 min de lecture · 26 vues
Bitcoin vs quantique : préparer l'attaque avant la crise

Adam Back, patron de Blockstream et figure historique du mouvement crypto, a pris la parole à la Paris Blockchain Week cette semaine avec un message clair : la menace quantique n'est pas imminente, mais il serait irresponsable de ne pas s'y préparer dès aujourd'hui.

"Les ordinateurs quantiques actuels sont essentiellement des expériences de laboratoire. J'observe ce domaine depuis plus de 25 ans et les progrès sont incrémentaux", a-t-il déclaré. Pour autant, il estime que Bitcoin doit anticiper : la solution selon lui passe par des mises à jour optionnelles permettant une migration vers une cryptographie résistante au quantique, sans forcer la main à personne.

Back avait déjà chiffré la menace en novembre dernier : 20 à 40 ans avant qu'un ordinateur quantique soit réellement dangereux pour la cryptographie actuelle. Plus récemment, il expliquait à Bloomberg que les machines d'aujourd'hui sont plus lentes qu'une calculatrice. Pas de quoi paniquer, donc. Mais Blockstream dispose quand même d'une équipe dédiée à la recherche sur les vecteurs d'attaque quantique, et a déjà implémenté des signatures basées sur des fonctions de hachage sur le réseau Liquid, son layer-2 sur Bitcoin.

Le protocole Taproot est également dans le viseur : Back estime qu'il pourrait accueillir des schémas de signature alternatifs sans impacter les utilisateurs actuels. Une transition en douceur, si transition il y a.

Le tableau s'est assombri le mois dernier quand des chercheurs de Google et du California Institute of Technology ont publié des résultats troublants : il faudrait bien moins de puissance de calcul que prévu pour casser la cryptographie existante. Google est allé encore plus loin, avançant qu'un ordinateur quantique pourrait potentiellement cracker la cryptographie de Bitcoin en seulement 9 minutes, ouvrant la voie à des attaques dites "on-spend".

Interrogé sur un scénario d'urgence, Back reste confiant dans la capacité de réaction de l'écosystème : "On a déjà vu ça — des bugs identifiés et corrigés en quelques heures. Quand quelque chose devient urgent, ça concentre l'attention et génère un consensus."

Parallèlement, une proposition a enflammé la communauté ce mardi. Le développeur Jameson Lopp et cinq autres chercheurs en sécurité ont soumis un texte visant à geler les bitcoins vulnérables aux attaques quantiques — y compris les 81,9 milliards de dollars dormant dans les wallets attribués à Satoshi Nakamoto. L'idée : bloquer ces coins avant qu'ils ne soient potentiellement volés.

La réaction a été immédiate et virulente. Le développeur Mark Erhardt a qualifié la proposition d'"autoritaire et confiscatoire". Phil Geiger, de Metaplanet, a résumé l'absurdité perçue d'une formule cinglante : "On doit voler l'argent des gens pour empêcher qu'on leur vole leur argent."

Le débat est lancé, et il est loin d'être tranché.

Ce que ça change : la question n'est plus de savoir si Bitcoin devra évoluer face au quantique, mais qui décide, comment, et au prix de quelles libertés. Geler les coins de Satoshi sans son consentement, c'est ouvrir une boîte de Pandore sur la gouvernance même du protocole.

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