La SEC admet avoir abusé contre la crypto sous Gensler
La SEC vient de lâcher une bombe. Le régulateur américain a reconnu publiquement, mardi, que plusieurs de ses actions passées contre des entreprises crypto manquaient de fondement juridique et n'avaient protégé aucun investisseur. C'est écrit noir sur blanc dans son bilan d'application 2025.
Depuis l'exercice fiscal 2022, la SEC a engagé 95 actions et infligé 2,3 milliards de dollars de pénalités pour des violations dites « comptables et documentaires ». Le problème ? Ces affaires « n'ont identifié aucun préjudice direct pour les investisseurs, n'ont produit aucun bénéfice ni protection pour eux », selon l'agence elle-même.
Ajoutez à ça 7 affaires liées à l'enregistrement de sociétés crypto et 6 affaires sur la « définition d'un dealer » : même bilan, même verdict. Des poursuites vides de sens, fondées sur des théories juridiques hasardeuses, et qui ont surtout servi à gonfler les statistiques.
La SEC pointe explicitement une course aux chiffres sous l'ère Gensler, une « ruée sans précédent » pour multiplier les dossiers avant l'inauguration de Trump en janvier 2025. Le mot est lâché : mauvaise allocation des ressources, mauvaise interprétation des lois fédérales sur les valeurs mobilières. Gary Gensler est désormais officiellement persona non grata dans l'histoire du régulateur.
Paul Atkins, nommé à la tête de la SEC en avril 2025, a clairement changé de cap. Fini la régulation par l'intimidation. Les ressources sont désormais orientées vers la fraude, la manipulation de marché et les abus de confiance. Autrement dit, les vraies infractions.
Les résultats 2025 restent imposants sur le papier : 17,9 milliards de dollars d'ordres de réparation monétaire, dont 7,2 milliards en pénalités civiles, le reste en restitution et intérêts. Mais le cabinet Cornerstone Research confirme la tendance de fond : les actions coercitives ont chuté d'environ 30 % en 2025 par rapport à 2024.
Pour autant, la SEC n'a pas rangé ses armes. En mai 2025, Unicoin et quatre de ses dirigeants ont été poursuivis pour avoir prétendument levé 100 millions de dollars en trompant des investisseurs sur des certificats liés à des tokens. La plateforme conteste et accuse le régulateur de déformer ses déclarations. En avril, c'est Ramil Ventura Palafox, PDG de Praetorian Group International, qui a été visé pour un présumé schéma de Ponzi à 200 millions de dollars. Il a écopé de 20 ans de prison dans le cadre d'une procédure pénale parallèle du DOJ.
La ligne est donc claire : on cible les escrocs avérés, pas les entreprises qui n'ont pas coché la bonne case administrative.
Ce que ça change : La SEC vient officiellement de signer l'acte de décès de l'ère Gensler. Pour l'industrie crypto, c'est un signal fort : le régulateur américain admet ses erreurs et recentre son action sur la fraude réelle. Moins de procès spectacles, plus de vraie protection. Reste à voir si les paroles se confirment dans la durée.