Minage BTC : USA, Russie, Chine trustent le top 3 — l'Europe aux abonnés absents
Le minage de Bitcoin ne change pas de visage. Selon la dernière mise à jour trimestrielle de la Global Hashrate Heatmap publiée par Hashrate Index, les trois mêmes pays dominent toujours la puissance de calcul mondiale : États-Unis, Russie, Chine. Aucune surprise, mais des chiffres qui méritent qu'on s'y attarde.
Les États-Unis écrasent la concurrence avec 37,4 % du hashrate mondial, soit environ 375 EH/s. La Russie tient la deuxième place avec 16,9 % du taux de hachage global, autour de 170 EH/s. La Chine, malgré une interdiction officielle du minage depuis 2021, s'accroche à la troisième marche avec 12 % de la puissance de calcul mondiale. Officiellement interdit, officieusement bien vivant : Pékin ne contrôle visiblement pas grand-chose sur ce front.
Au global, le hashrate du réseau a légèrement reculé, passant de 1 066 EH/s à 1 004 EH/s en trois mois, soit une baisse de 5,8 %. À titre de comparaison, le cours du BTC a lui plongé de 50 % depuis son pic à 126 000 dollars en octobre 2025. Les mineurs, eux, tiennent bon. C'est tout sauf anodin.
Pendant ce temps, des outsiders taillent leur part. Le Kirghizistan affiche une croissance de 167 % en trois mois grâce à une énergie bon marché et un cadre réglementaire favorable. Le Pakistan fait encore plus fort : +1 233 % sur un an, pour atteindre environ 3 EH/s. Le pays mise sur ses ressources hydrauliques et une politique crypto clairement pro-industrie. L'Éthiopie se positionne elle aussi, profitant de ses surplus énergétiques pour attirer les opérations minières.
L'Europe, elle, est tout simplement absente du Top 10. La Finlande sauve les apparences avec 8 EH/s, soit à peine 0,8 % du hashrate mondial. C'est maigre. Très maigre. Entre la réglementation contraignante, le coût de l'énergie et un manque de vision stratégique criant, le Vieux Continent regarde passer le train du minage industriel sans même agiter la main.
Ce qui se dessine ici dépasse la simple carte géographique du minage. Le hashrate, c'est du pouvoir. Contrôler une part significative de la puissance de calcul d'un réseau, c'est peser sur sa sécurité, son avenir, et potentiellement sa gouvernance. Que des États autoritaires comme la Russie ou la Chine figurent dans le top 3 devrait alimenter le débat sur la décentralisation réelle du réseau Bitcoin.
Ce que ça change : la concentration du hashrate entre quelques pays — dont deux aux intérêts géopolitiques opposés à l'Occident — est un risque structurel que la communauté crypto sous-estime encore. L'Europe qui abdique sur le minage, c'est aussi l'Europe qui renonce à peser sur l'infrastructure du futur système monétaire décentralisé.