← Retour ⚖️ regulation

Roman Storm : Jay Clayton contre-attaque avant le procès

L'ex-patron de la SEC Jay Clayton rejette les arguments de Roman Storm et réclame un nouveau procès en octobre. Le co-fondateur de Tornado Cash risque jusqu'à 40 ans de prison pour du code open-source.
📅 mardi 7 avril 2026 ⏱ 2 min de lecture

Jay Clayton ne lâche rien. L'attorney américain du district sud de New York — et ex-président de la SEC — vient de répondre sèchement à la demande d'acquittement de Roman Storm, co-fondateur de Tornado Cash. Dans un dépôt judiciaire daté de mardi, Clayton qualifie les arguments de la défense de "paravent au mieux, de manipulation pure au pire".

L'équipe de Storm voulait s'appuyer sur un arrêt de la Cour Suprême de 2026, Cox Communications, Inc. v. Sony Music Entertainment, pour démontrer que son client n'avait pas l'intention de participer aux crimes reprochés : complot pour blanchiment d'argent et violation de sanctions. Réponse de Clayton : les deux cas n'ont rien à voir. Cox porte sur la responsabilité civile en matière de droits d'auteur. L'affaire Storm, c'est du pénal. Point.

Clayton enfonce le clou : aucune preuve que Storm aurait mis en place des mesures anti-blanchiment efficaces sur Tornado Cash. Zéro. Pour le procureur, comparer les deux situations relève de la mauvaise foi.

Rappel des faits. En août dernier, un jury a reconnu Storm coupable de complot pour exploitation d'une entreprise de transmission d'argent sans licence. Mais les jurés n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur les 2 autres chefs d'accusation — blanchiment et violation de sanctions. Résultat : un nouveau procès est possible sur ces deux points. Et ces 2 counts représentent potentiellement 40 ans de prison fédérale.

Storm l'a lui-même écrit sur X : "Pour avoir écrit du code open-source. Pour un protocole que je ne contrôle pas. Pour des transactions que je n'ai jamais touchées."

Dans ce contexte tendu, un autre acteur entre en scène : Todd Blanche. Trump vient de virer la procureure générale Pam Bondi et a nommé Blanche — son ancien avocat personnel — à la tête du DOJ par intérim. En avril 2025, Blanche avait signé une note interne demandant la fin de ce qu'il appelait la "régulation par les poursuites judiciaires". Il y affirmait que le DOJ ne devrait pas poursuivre les plateformes utilisées par des criminels pour leurs activités illégales.

Storm a immédiatement cité ce mémo pour appuyer sa cause. Mais Blanche ne l'a pas nommé explicitement, et son influence réelle sur ce dossier reste floue. Sa durée à la tête du DOJ est elle-même incertaine.

En attendant, Clayton réclame un procès en octobre. Aucune date n'a encore été fixée à ce stade. Une réunion entre procureurs et avocats de la défense est programmée ce jeudi.

L'affaire Storm dépasse largement le cas d'un seul développeur. Toute l'industrie crypto regarde ce procès de près : il pourrait définir jusqu'où un développeur est responsable du code qu'il écrit et de l'usage que d'autres en font.

Ce que ça change : Si Storm est condamné sur les deux chefs restants, chaque développeur de protocole DeFi aux États-Unis devient une cible potentielle. Le code open-source ne sera plus un bouclier — ce sera une pièce à conviction.

A lire aussi