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WLFI lié à un gang criminel ? Le projet Trump dans la tourmente

World Liberty Financial aurait conclu un partenariat avec AB DAO, une société connectée au Prince Group, organisation criminelle sanctionnée par Washington pour traite humaine et arnaques au pig butchering. Le projet Trump dit ne rien avoir su.
📅 mercredi 8 avril 2026 ⏱ 2 min de lecture

World Liberty Financial (WLFI), le projet crypto du clan Trump, est dans la merde jusqu'au cou. The Times révèle que la société s'est associée à AB DAO, une entité liée au Prince Group, organisation criminelle internationale sanctionnée par les États-Unis et le Royaume-Uni depuis novembre 2024.

Les faits d'abord. WLFI a signé un accord avec AB DAO pour lancer son stablecoin USD1 sur la blockchain AB Chain. AB DAO faisait alors la promotion d'un complexe thématique blockchain de 300 000 m² au Cambodge. À la tête du projet : Yang Jian, sanctionné par le Trésor américain pour son rôle présumé au sein du Prince Group.

Le Prince Group, c'est quoi exactement ? Une organisation criminelle qui opère des centres d'arnaque au Cambodge. Elle est accusée de traite d'êtres humains, forçant des travailleurs à exécuter des scams de type pig butchering — ces arnaques sentimentales qui ont détruit des milliers de vies et englouti des milliards de dollars dans le monde entier. Les autorités américaines l'ont qualifié de réseau criminel international majeur. Pas une petite frappe.

Le timing est accablant. Les sanctions contre le Prince Group tombent en novembre 2024. WLFI signe son partenariat avec AB DAO quelques semaines plus tard. Pour une boîte cofondée par le président des États-Unis, qui prétend appliquer des procédures de vérification conformes aux normes internationales anti-blanchiment, c'est un ratage monumental — ou autre chose.

WLFI nie en bloc. La société affirme avoir conduit toutes les vérifications d'usage et ignorait les liens d'AB DAO avec le Prince Group. Sa déclaration officielle parle de "conformité aux normes internationales" contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Des mots creux face à des faits aussi lourds.

Précision importante : aucune preuve directe ne relie WLFI au Prince Group. Personne n'accuse Trump ou ses associés d'avoir sciemment collaboré avec des trafiquants. Mais l'incompétence est-elle vraiment une défense acceptable quand on gère un projet financier lié à la présidence américaine ?

Ce n'est pas non plus la première fois que WLFI se retrouve dans ce genre de situation. La société fait déjà face à des accusations de conflits d'intérêts pour ses liens avec une entité des Émirats arabes unis. La liste s'allonge.

Ce que ça change : WLFI accumule les casseroles à une vitesse inquiétante. Lié ou pas directement au Prince Group, le simple fait qu'un projet crypto présidentiel américain ait pu conclure un partenariat avec une structure gravitant dans l'orbite d'un gang sanctionné pour traite humaine est un scandale en soi. Si c'est de l'incompétence, c'est rédhibitoire. Si c'est autre chose, c'est gravissime. Dans les deux cas, les investisseurs en WLFI méritent de vraies réponses, pas des communiqués de façade.

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