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Xavier Niel balance tout à l'Assemblée sur la vente d'Exaion

Auditionné par la commission d'enquête sur l'audiovisuel, Xavier Niel s'est emporté et a mis les pieds dans le plat sur le rachat d'Exaion par MARA. Un clash qui révèle bien plus qu'une simple querelle politique.
📅 samedi 4 avril 2026 ⏱ 2 min de lecture
Xavier Niel balance tout à l'Assemblée sur la vente d'Exaion

Xavier Niel ne mâche pas ses mots. Auditionné ce jeudi 2 avril à l'Assemblée nationale dans le cadre de la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public, le cofondateur de Mediawan a explosé. Et dans sa colère, il a lâché une bombe sur la vente d'Exaion.

La commission, portée par l'UDR en alliance avec le RN, visait officiellement à examiner les risques de prise de contrôle étrangère sur des contenus financés par l'argent public. Dans le viseur : Mediawan, partiellement financée par KKR, un fonds américain, et principal fournisseur de programmes de France Télévisions. L'audition a rapidement viré à l'affrontement frontal.

C'est là que Niel a sorti l'exemple Exaion. Pour défendre son engagement en faveur du contrôle français des entreprises stratégiques, il a rappelé avoir pris 10 % du capital d'Exaion — cette filiale d'EDF spécialisée dans le calcul haute performance et le mining de Bitcoin — au moment de son rachat par l'américain MARA. Grâce à cette prise de participation, il affirme avoir imposé que 6 administrateurs sur 10 soient français. Un rapport de force arraché de haute lutte pour maintenir une forme de souveraineté sur une infrastructure jugée d'importance vitale.

Mais voilà le problème. Le jour de l'audition coïncidait avec une réunion clé du Conseil d'administration d'Exaion. Niel avait demandé à décaler l'audition. Réponse de la commission : niet. Il le dit lui-même, sans filtre : "Je vous ai demandé si on pouvait faire ça plus tard, vous m'avez dit allez vous faire voir."

Autrement dit, la commission a contraint l'un des rares acteurs à avoir bataillé pour garder un contrôle français sur Exaion à manquer précisément la réunion où ce contrôle se joue. Difficile de ne pas y voir une contradiction criante, voire une forme de sabotage involontaire — ou pas.

Rappelons le contexte : le rachat d'Exaion par MARA avait déjà provoqué une levée de boucliers dans l'écosystème crypto français. Voir l'un des rares fleurons tricolores du mining Bitcoin partir aux États-Unis, ça avait fait mal. Des voix s'étaient élevées pour dénoncer des irrégularités dans le processus de cession. L'affaire est loin d'être close.

Ce que Niel pointe du doigt va donc bien au-delà de sa querelle avec la commission. Il expose une incohérence structurelle : la France dit vouloir protéger ses actifs stratégiques, mais ses institutions empêchent concrètement ceux qui essaient de le faire de faire leur travail.

Ce que ça change : Exaion n'est pas qu'un dossier crypto parmi d'autres — c'est un test grandeur nature de la capacité de la France à défendre sa souveraineté numérique. Et pour l'instant, le résultat est embarrassant.

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