← Retour 📈 marche

Bourse européenne : 267 milliards évaporés en un trimestre

Les grands groupes européens ont perdu 267 milliards d'euros de capitalisation au T1 2026, plombés par la guerre en Iran. LVMH chute de 27%, SAP de 30%, pendant que TotalEnergies explose à +43%.
📅 lundi 6 avril 2026 ⏱ 2 min de lecture

Le premier trimestre 2026 restera dans les annales. Les grandes capitalisations européennes — celles valorisées à plus de 100 milliards d'euros — ont collectivement détruit 267 milliards d'euros de valeur boursière en trois mois. Pas une correction. Une purge.

Les noms qui font mal : EssilorLuxottica et SAP s'effondrent chacun de 30%. LVMH recule de 27%. Hermès lâche 20%. Prosus plonge de 25%. Des années de gains partis en fumée pour des millions d'investisseurs, institutionnels comme particuliers.

Pourtant, le Stoxx 600 termine le trimestre à +0,75%. Un chiffre trompeur. Janvier et février avaient été excellents, avec plus de 3% de gains chaque mois. L'Europe était même devenue la valeur refuge face au chaos de l'intelligence artificielle américaine. Fin février, l'indice enchaînait son huitième mois consécutif de hausse — une série inédite depuis 2012-2013.

Mars a tout cassé. La guerre en Iran a transformé le mois en carnage boursier, le pire depuis 2022. Les marchés européens n'avaient pas vu ça depuis la crise énergétique post-Ukraine.

Mais la géopolitique fait toujours des gagnants. TotalEnergies flambe de +43% et Eni s'envole de +52% grâce aux tensions au Moyen-Orient. Les deux pétroliers se rapprochent dangereusement du podium des plus grandes capitalisations européennes. Siemens Energy profite également de ses activités gazières pour afficher une belle performance.

Autre grand vainqueur du trimestre : ASML. Le fabricant néerlandais d'équipements pour semi-conducteurs retrouve ses niveaux de valorisation de 2021 et pèse désormais près du double de LVMH. Le luxe détrôné par la tech industrielle — le symbole du basculement est brutal.

La suite ? La saison des résultats du T2 va être décisive. Les directions de LVMH, Hermès et SAP devront convaincre des investisseurs qui ont la gâchette facile. Le conflit iranien et les nouvelles mesures douanières américaines restent les deux bombes à retardement sur lesquelles tout le monde marche sans le dire.

Ce que ça change : L'Europe croyait avoir trouvé son nouveau récit post-2025 — refuge stable, loin de la folie américaine. La guerre en Iran a pulvérisé ce scénario en quatre semaines. Les capitaux vont là où la géopolitique les pousse, pas là où les analystes voudraient qu'ils aillent. Le luxe européen est structurellement fragile dès que le monde tremble, et le pétrole reste le seul actif qui sourit aux crises. Rien de nouveau — mais ça pique toujours autant.

A lire aussi