HIVE lâche 3,5 milliards CAD pour une gigafactory IA en Ontario
Un ancien mineur de Bitcoin qui lâche 3,5 milliards de dollars canadiens pour construire une gigafactory IA au Canada, c'est le genre d'annonce qui fait monter un titre de 28 à 40 % en une seule séance. C'est exactement ce qu'a vécu HIVE Digital Technologies le 18 mai 2026, quand la société a dévoilé son projet de datacenter XXL dans le Grand Toronto.
Le projet passe par la filiale BUZZ High Performance Computing Inc. et repose sur deux actifs clés déjà sécurisés : 25 acres de terrain acquis pour 58 millions CAD et une allocation de 320 MW sur le réseau électrique propre de l'Ontario. Ce dernier point est probablement le plus important — trouver de la puissance électrique fiable à cette échelle, c'est le goulot d'étranglement numéro un de tout projet d'infrastructure IA en ce moment. HIVE l'a résolu. Le datacenter est conçu pour accueillir plus de 100 000 GPU et devrait entrer en service dans la deuxième moitié de 2027. Pour relativiser : la société tourne aujourd'hui avec environ 5 500 GPU dans ses opérations mondiales. On parle d'un bond de 18 fois sa capacité actuelle.
Ce pivot ne sort pas de nulle part. Le marché des cryptos a rendu le minage pur et dur beaucoup moins attrayant ces dernières années — les halvings répétés de Bitcoin, la difficulté réseau en hausse constante, la volatilité des prix et une pression réglementaire croissante ont rogné les marges de nombreux opérateurs. HIVE n'est pas le premier mineur à regarder ses contrats d'électricité et son infrastructure de refroidissement en se disant que des clusters d'entraînement IA ont exactement les mêmes besoins. Sauf que là, l'échelle annoncée est tout sauf symbolique. Et le choix de l'Ontario est stratégique : énergie hydroélectrique propre, climat froid qui réduit les coûts de refroidissement, et un gouvernement canadien qui pousse clairement pour du "compute souverain" — l'idée de ne pas dépendre de datacenters étrangers pour sa puissance de calcul IA.
Franchement, le mouvement est cohérent sur le papier, mais l'exécution reste entièrement à prouver. Passer de 5 500 à 100 000+ GPU implique de gérer des délais de construction, de sécuriser des puces haut de gamme dans un marché encore sous tension, de signer des clients, et de financer 3,5 milliards de dollars — pour une société dont le bilan a été bâti sur des revenus de minage crypto. La structure de financement (equity, dette, aides publiques, pré-engagements clients) sera déterminante. Si d'autres mineurs assis sur des contrats d'électricité voient le cours de HIVE s'envoler sur une promesse IA, la pression des actionnaires pour faire pareil va monter vite.
La vraie question se posera en 2027 : est-ce que la demande en compute IA sera encore suffisamment forte pour justifier un pari à 3,5 milliards CAD en Ontario ? HIVE a visiblement décidé que oui. Il ne reste plus qu'à livrer.