Iran, Bitcoin et Trump : le chaos géopolitique secoue les marchés
Les marchés naviguent à vue. Dimanche, les cotes d'une invasion américaine de l'Iran cette année ont bondi à 63% sur Polymarket, la plateforme de prédiction décentralisée. La raison : un message de Donald Trump sur les réseaux sociaux qui a fait l'effet d'une bombe.
Trump a écrit noir sur blanc : "Mardi sera le jour des centrales électriques, et le jour des ponts, tout ça en même temps, en Iran. Il n'y aura rien de tel ! Ouvrez ce putain de détroit, bande de fous, ou vous vivrez en enfer." Pas de filtre diplomatique. Pas de sous-entendu. Du Trump pur.
Pourtant, ce n'est même pas le pic de la semaine. Le 29 mars, les probabilités avaient atteint 68% après des mouvements de troupes américaines et des déclarations sur une éventuelle prise de l'île de Kharg, plateforme centrale du pétrole iranien. Le volume total échangé sur ce marché Polymarket dépasse aujourd'hui les 3,74 millions de dollars.
Les marchés financiers réagissent mais sans paniquer totalement. Mardi, quand Trump avait laissé entendre que le conflit pourrait se terminer en deux ou trois semaines, Bitcoin avait grimpé de 2,6% et le S&P 500 de 2,91%. Depuis le retournement de ton du week-end, Bitcoin stagne autour des 67 500 dollars. Les bulls attendent. Les bears aussi.
Le pétrole, lui, ne stagne pas. Le Brent clôturait jeudi à plus de 109 dollars le baril. Un niveau qui rappelle les pires épisodes de tension géopolitique de la dernière décennie. Les marchés rouvrent lundi après le week-end de Pâques.
Les réactions ne se sont pas fait attendre. L'économiste Peter Schiff, pourtant pas connu pour défendre l'Iran, a tiré sur Trump : "Je souhaite que Trump arrête de menacer les infrastructures civiles iraniennes. C'est perdant dans tous les cas : reculer nuit à sa crédibilité en négociation, exécuter la menace escalade la guerre, dégrade l'image américaine et nourrit la haine anti-américaine en Iran." Schiff a rarement tort quand il parle de géopolitique économique, même si on peut débattre du reste.
Peter McCormack, podcasteur et Bitcoiner notoire, a simplement réagi : "J'ai cru que c'était un faux. Ce n'est pas le cas. Incroyable." Résumé parfait de l'ambiance générale.
Le problème de fond, c'est l'imprévisibilité totale de l'administration Trump. Un jour on parle de paix imminente, le lendemain on menace de bombarder des ponts et des centrales. Pour les traders et les investisseurs institutionnels, construire une thèse de marché solide dans ce contexte relève de l'acrobatie. Les actifs risqués, Bitcoin inclus, absorbent ces chocs sans effondrement, mais sans euphorie non plus.
Ce que ça change : Bitcoin ne joue plus le rôle de valeur refuge pure dans ce conflit, il suit les humeurs du marché global comme n'importe quel actif risqué. Tant que Trump tweete et que le Brent dépasse les 100$, espérer un bull run serein est une illusion. La volatilité géopolitique est le nouveau fondamental.