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X admet que 80% du crypto-Twitter est des bots — et ne peut rien y faire

Nikita Bier, responsable produit chez X, reconnaît que 80% de l'activité crypto sur la plateforme est générée par des bots. Et selon lui, aucune technologie n'existe pour régler le problème.
📅 dimanche 5 avril 2026 ⏱ 2 min de lecture
X admet que 80% du crypto-Twitter est des bots — et ne peut rien y faire

C'est une aveu qui fait mal. Nikita Bier, responsable produit chez X, a lâché une bombe en toute décontraction : 80 % de l'activité crypto sur la plateforme serait générée par des bots. Pas des vrais humains. Des scripts. Des fermes à spam. Et le pire ? Il dit qu'il n'existe aucune technologie capable de régler ça.

X, anciennement Twitter, est depuis des années le terrain de jeu favori des arnaques crypto. Ouvrez n'importe quel tweet d'un projet DeFi ou d'une personnalité connue du secteur : les réponses sont une jungle. Faux giveaways, comptes clonés, liens de phishing, bots qui imitent des humains à la perfection. La situation est connue, documentée, et visiblement toujours sans solution.

Bier a fait cette déclaration dans un contexte tendu. La plateforme encaisse des critiques sévères de la part d'utilisateurs et d'acteurs du secteur crypto qui qualifient X de « site web horrible » — leurs mots, pas les nôtres. Les plaintes s'accumulent, la réputation se dégrade, et Elon Musk, pourtant autoproclamé défenseur de la liberté d'expression et fan de crypto, n'a pas réussi à endiguer le phénomène depuis son rachat à 44 milliards de dollars en 2022.

La plateforme a bien tenté des coups d'éclat. Vérification payante avec X Premium, filtres anti-spam, restrictions sur les nouveaux comptes... Résultat : les bots s'adaptent. Ils paient l'abonnement. Ils contournent les filtres. 80 %, ce chiffre ne baisse pas.

Pourquoi c'est aussi difficile à éradiquer ? Parce que les opérateurs de bots crypto ont des incentives financiers massifs. Une arnaque bien exécutée sur un compte influent peut rapporter des dizaines de milliers de dollars en quelques heures. Le retour sur investissement d'un bot spam est bien supérieur au coût de son déploiement. Tant que les cryptomonnaies auront de la valeur, les bots seront là.

Il y a aussi une contradiction fondamentale chez X. La plateforme veut être ouverte, décentralisée dans l'esprit, anti-censure. Mais lutter vraiment contre les bots nécessite une vérification d'identité agressive, des restrictions d'accès à l'API, une modération musclée. Tout ce que l'ADN actuel de X rechigne à faire à pleine puissance.

Les projets crypto sérieux commencent à en payer le prix. Des communautés migrent vers Telegram, Discord, Farcaster ou Lens Protocol, des alternatives décentralisées qui ne résolvent pas non plus parfaitement le problème, mais qui offrent des outils de gouvernance communautaire plus flexibles.

Bier a au moins le mérite de l'honnêteté. Ne pas promettre ce qu'on ne peut pas tenir, c'est rare dans la tech. Mais pour les utilisateurs crypto qui subissent ce spam au quotidien, cette transparence ne console pas.

Ce que ça change : X restera un terrain miné pour la crypto tant qu'aucun modèle économique ne rendra le spam plus coûteux que rentable — et on n'en prend pas le chemin. Utilisez la plateforme pour l'info, pas pour faire confiance aux réponses.

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